

À Matadi, le colonel supérieur Madeleine Pezo a appelé les femmes victimes de violences basées sur le genre à sortir du silence et à saisir les services compétents. Elle a lancé ce message à l’occasion de la première édition du Salon de la Femme Kongo, tenue du 25 au 26 août 2026, où elle a été distinguée pour son engagement dans la protection des femmes et des enfants.
Récompensée pour son travail dans la lutte contre les violences basées sur le genre et la protection de l’enfant, Madeleine Pezo a profité de cette tribune pour placer la question de la dénonciation au centre de son intervention.
Recevant son trophée, la commandante de la Police de protection de l’enfant et de prévention des violences basées sur le genre s’est dite honorée par cette reconnaissance. Elle a remercié les organisateurs du Salon ainsi que les femmes engagées dans différents secteurs pour la promotion et l’émergence de la femme dans la province du Kongo Central.
Mais au-delà de la distinction, son message s’est surtout adressé aux femmes confrontées aux violences dans leur foyer, leur quartier ou encore leur milieu professionnel. Elle les a encouragées à ne pas rester isolées face aux abus et à signaler les faits auprès des services habilités.
Selon elle, les victimes disposent de structures spécialisées pouvant les accompagner dans leurs démarches, notamment lorsqu’une procédure judiciaire doit être engagée. L’objectif est de permettre une prise en charge adaptée et d’éviter que les violences ne restent confinées au silence familial ou communautaire.
Madeleine Pezo a également mis en garde contre les arrangements à l’amiable susceptibles, selon elle, de contribuer à maintenir les victimes dans un cycle de silence. Elle a appelé à privilégier les mécanismes légaux disponibles et à éviter les pratiques de corruption dans le traitement des dossiers.
Son intervention intervient dans un contexte où la dénonciation demeure un enjeu majeur dans la lutte contre les violences basées sur le genre. La peur des représailles, la pression familiale ou sociale et le recours à des arrangements informels peuvent notamment empêcher certaines victimes de saisir les services compétents.
À travers son appel, la responsable de la police spécialisée veut ainsi encourager les victimes à faire connaître les violences subies afin que les autorités puissent intervenir et que les auteurs présumés répondent de leurs actes dans le respect de la procédure.
La première édition du Salon de la Femme Kongo, qui s’est tenue à Matadi du 25 au 26 août, a par ailleurs servi de cadre à la mise en valeur de plusieurs femmes engagées dans différents domaines. La distinction accordée à Madeleine Pezo a notamment mis en lumière son action dans la protection de l’enfant et la prévention des violences basées sur le genre.
Dans la province du Kongo Central, son appel remet ainsi au premier plan la nécessité de renforcer l’accès des victimes aux mécanismes de protection et de justice, tout en poursuivant les efforts de sensibilisation contre toutes les formes de violences.

Journaliste – Directeur de publication – Fondateur de YOKA INFOS
Raphaël ULAFIA ABDOUL est journaliste, directeur de publication et fondateur de YOKA INFOS. Licencié en droit, il assure la direction éditoriale du média et coordonne les activités de la rédaction. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo. À travers YOKA INFOS, il promeut un journalisme rigoureux, vérifié et accessible, au service de l’intérêt public.

