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Au terme des plaidoiries dans le procès FRIVAO, Chançard Bolukola a rejeté les accusations portées contre lui et demandé à la Cour de cassation de prononcer sa libération. L’ancien coordonnateur intérimaire du FRIVAO a notamment invoqué ses 390 jours de détention, tandis que le ministère public a requis 15 ans de travaux forcés contre lui et Constant Mutamba.

Lors de son dernier mot à l’audience du mercredi 19 août 2026, Chançard Bolukola a maintenu sa position de non-culpabilité. Devant les juges, il a contesté les faits qui lui sont reprochés et soutenu que les éléments avancés contre lui ne suffisaient pas, selon lui, à établir sa culpabilité.

L’ancien responsable du Fonds spécial de répartition et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda a particulièrement insisté sur les conséquences de sa détention. Il affirme être privé de liberté depuis 390 jours, période durant laquelle il dit avoir été éloigné de sa famille et de son activité professionnelle.

« Ça fait 390 jours, voire une année et 25 jours, que je suis privé de ma liberté, que je suis éloigné de mon lieu de travail, que je suis séparé de ma famille, de mes proches », a-t-il déclaré à la barre.

Bolukola affirme par ailleurs avoir collaboré avec la justice depuis le début de la procédure. Il rejette les accusations d’enrichissement illicite et de rétrocommissions et soutient avoir agi dans l’intérêt du FRIVAO, en conformité avec les orientations de ses organes dirigeants et de son ministère de tutelle.

Ces arguments interviennent alors que le ministère public a présenté une lecture différente de la gestion de plusieurs opérations financières effectuées sous sa responsabilité. Le parquet conteste notamment des décaissements de plusieurs millions de dollars, dont 14,299 millions USD en faveur de Congo Energy, 4 millions USD pour l’ICCN, 200.000 USD pour l’Assemblée provinciale de la Tshopo, ainsi que des paiements à Divo SARL et Tropic Architecture. Le montant global des opérations contestées dépasse 20,2 millions USD.

Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé à la Cour de condamner Chançard Bolukola et Constant Mutamba à 15 ans de travaux forcés pour détournement de deniers publics. Pour Bolukola, le parquet a également sollicité une condamnation pour blanchiment de capitaux, avec cinq ans de servitude pénale principale et une amende, tout en demandant l’application de la peine la plus lourde en cas de cumul des infractions.

Face à ces réquisitions, Bolukola a choisi de s’en remettre à la sagesse des juges. Dans son dernier mot, il a formulé une demande à la fois judiciaire et personnelle, sollicitant de retrouver sa liberté mais également son honneur.

« Je remets mon intime conviction entre les mains de votre sagesse pour me rendre ma liberté, pour me rendre mon honneur », a-t-il plaidé.

Le procès porte sur la gestion des fonds versés à la RDC par l’Ouganda au titre des réparations liées aux activités illicites commises sur le territoire congolais. Le FRIVAO avait notamment pour mission de gérer ces ressources destinées à l’indemnisation des victimes, dans le prolongement de la décision rendue par la Cour internationale de Justice.

À ce stade, aucune culpabilité n’a été définitivement établie contre Chançard Bolukola. Les réquisitions du ministère public constituent des demandes adressées à la Cour et non une décision de condamnation.

La Cour de cassation doit désormais rendre son arrêt dans cette affaire. Le verdict est annoncé pour le 2 septembre 2026, date à laquelle les juges devront se prononcer sur les accusations portées contre les prévenus et sur les demandes formulées par les différentes parties.

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