

Depuis le 22 juin 2026, les activités académiques sont à l’arrêt à l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM) d’Isiro, dans la province du Haut-Uélé, en raison d’un mouvement de grève du personnel. Alors que le bras de fer entre les agents et le comité de gestion se poursuit, 640 étudiants voient planer le risque d’une année académique compromise.
L’Institut supérieur des techniques médicales d’Isiro traverse l’une des crises les plus délicates de son histoire récente. Plus de six semaines après le début de la grève du personnel scientifique et administratif, les salles de cours demeurent désertes et aucune reprise des enseignements n’est en vue, alimentant les inquiétudes des étudiants et de leurs familles.
À l’origine de ce mouvement figure un mémorandum de onze revendications adressé au directeur général de l’établissement, le professeur Sylvestre Gambalemoke Mbalitini. Les grévistes dénoncent notamment ce qu’ils qualifient de mauvaise gouvernance, un manque de transparence dans la gestion financière ainsi que le non-paiement de certaines primes.
Face à ces accusations, le comité de gestion rejette les griefs et évoque une tentative de déstabilisation. Dans sa réponse, la direction met en avant plusieurs réalisations enregistrées ces dernières années, notamment l’augmentation des effectifs étudiants, passés de 180 à 640, l’ouverture de nouvelles filières de formation, l’opérationnalisation du deuxième cycle ainsi que la construction de nouveaux auditoires sur le site définitif de l’institution.
Le directeur général estime également que certaines accusations sont infondées et attribue les tensions à des pratiques qu’il juge contraires aux valeurs universitaires, évoquant notamment le tribalisme, le clanisme et la corruption au sein d’une partie du personnel.
Dans une tentative d’apaiser la crise, l’Assemblée provinciale du Haut-Uélé avait réuni les différentes parties le 23 juin dernier. À l’issue des échanges, plusieurs recommandations avaient été formulées, parmi lesquelles la reprise des cours, l’instauration d’un cadre permanent de dialogue et l’ouverture d’une enquête provinciale sur les faits dénoncés.
Toutefois, ces initiatives n’ont pas permis de débloquer la situation. Si le comité de gestion poursuit ses activités administratives, le personnel en grève maintient son mouvement, laissant les étudiants dans une incertitude grandissante.
Au-delà du différend entre la direction et les agents, ce sont les apprenants qui paient le plus lourd tribut. L’ISTM d’Isiro forme notamment des infirmiers, des techniciens de laboratoire, des pharmaciens et d’autres professionnels appelés à renforcer le système de santé dans le Haut-Uélé et les provinces voisines. Chaque semaine de paralysie réduit davantage les chances de sauver l’année académique.
Face à cette situation, plusieurs voix appellent désormais à une implication plus soutenue du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire afin de favoriser un règlement rapide du conflit. Pour les observateurs, la reprise du dialogue demeure la voie la plus indiquée pour préserver l’avenir des étudiants et éviter qu’une crise sociale ne se transforme en année blanche pour des centaines de jeunes.

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