

La ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, a ordonné la suspension des rémunérations de 33 membres du personnel accusés d’avoir rejoint l’AFC/M23, de lui avoir prêté allégeance ou d’avoir accepté d’exercer des fonctions sous son autorité. La mesure, contenue dans une correspondance datée du 21 août 2026, intervient alors qu’une procédure administrative de révocation est engagée contre les personnes concernées.
Dans son instruction adressée aux secrétaires généraux à l’Enseignement supérieur et universitaire ainsi qu’à la Recherche scientifique et Innovations, la ministre s’appuie sur les conclusions d’une commission mixte chargée d’examiner la situation des agents concernés.
La décision prévoit notamment leur désactivation des listings de paie, ainsi que la suspension immédiate du paiement de leurs rémunérations. Les services chargés de la liquidation et du paiement des salaires ont été invités à mettre en œuvre cette mesure.

Au total, 33 membres du personnel figurent sur la liste annexée à la correspondance. Parmi eux se trouvent 28 professeurs et cinq chefs de travaux.
La ministre précise toutefois que cette suspension intervient dans l’attente de l’aboutissement de la procédure de révocation engagée contre les personnes visées. Elle demande également aux secrétaires généraux concernés de lui transmettre, dans les meilleurs délais, un rapport sur les dispositions prises pour assurer l’exécution de son instruction.

Cette décision s’inscrit dans un contexte particulièrement sensible pour le secteur de l’enseignement supérieur dans l’Est de la République démocratique du Congo, où l’AFC/M23 contrôle plusieurs zones et où les autorités congolaises dénoncent la mise en place d’une administration parallèle dans les territoires occupés.
Le dossier ne se limite donc pas à la question des rémunérations. Il touche également au statut administratif des agents concernés et à leur éventuelle responsabilité au regard des faits qui leur sont reprochés. À ce stade, la mesure annoncée par le ministère constitue une disposition administrative prise dans l’attente de l’issue de la procédure de révocation.
Les services du ministère sont désormais chargés d’assurer le suivi de cette décision, tandis que la procédure engagée devra déterminer définitivement les suites administratives à réserver aux 33 membres du personnel concernés.

Journaliste – YOKA INFOS
Denis BAKUMANI est journaliste à YOKA INFOS. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo, avec une attention particulière portée aux enjeux de la province de la Tshopo.

