

À moins d’un mois de la rentrée scolaire 2026-2027, le climat se tend dans le secteur de l’Éducation nationale en République démocratique du Congo. Une synergie de plusieurs organisations syndicales d’enseignants appelle à une non-reprise du travail à compter du 1er septembre, estimant que le Gouvernement n’a pas respecté plusieurs engagements pris en faveur des professionnels de l’enseignement.
Cette décision est contenue dans un communiqué consulté par la rédaction de YOKA INFOS ce vendredi 7 août 2026. Le document, signé le 6 août à Kinshasa, porte les signatures des responsables de la Synergie des syndicats des enseignants de la RDC, regroupant notamment le SYNECAT, la CCT, la FA, la COFEVID, le SYPEPCO et le SYADEC.
Dans leur message, les organisations syndicales appellent les enseignants à ne pas reprendre le travail dès le premier jour de la rentrée scolaire prévue le 1er septembre 2026. Le mot d’ordre s’adresse également aux chefs d’établissements, aux inspecteurs, aux personnels administratifs ainsi qu’aux agents des services centraux et du Secrétariat général de l’Éducation nationale.
Selon les signataires, cette décision vise à contraindre le Gouvernement à respecter les engagements pris envers les professionnels du secteur éducatif. Les syndicats dénoncent notamment le non-respect de la promesse d’améliorer les conditions salariales des enseignants, rappelant qu’un salaire de 500 dollars américains avait été annoncé sans être concrétisé à leurs yeux.

Ils réclament également l’ouverture des discussions sur la politique salariale avec l’ensemble des parties concernées, l’application d’un nouveau barème salarial, la consolidation de la gratuité de l’enseignement primaire, le paiement des enseignants dits Nouvelles Unités (NU) et Non Payés (NP), une retraite jugée digne pour les enseignants ainsi qu’une meilleure valorisation de la fonction d’inspecteur de l’enseignement.
« Les enseignants réunis en Assemblée générale décident la non reprise du travail dans le secteur de l’Éducation nationale et invitent les enseignants au respect de ce mot d’ordre sur toute l’étendue du territoire national qui entre en vigueur à partir du 1er septembre 2026 », indique le communiqué.
Au-delà de cette menace de boycott de la rentrée scolaire, la Synergie des syndicats annonce également l’organisation d’une marche dès la reprise des activités. Dans la note, les organisations signataires demandent la démission du ministre de l’Éducation nationale, estimant que celui-ci ne répond pas de manière satisfaisante aux préoccupations des enseignants et à l’amélioration de leurs conditions de vie.
Cette annonce intervient alors que les établissements scolaires poursuivent les préparatifs de la rentrée 2026-2027. Si le mot d’ordre est largement suivi, plusieurs écoles publiques pourraient connaître un démarrage retardé des activités pédagogiques, avec des conséquences sur le calendrier scolaire.
À ce stade, les autorités n’ont pas encore réagi officiellement à cet appel. D’ici au 1er septembre, une reprise du dialogue entre le Gouvernement et les organisations syndicales pourrait toutefois permettre d’éviter une paralysie du secteur de l’Éducation nationale. Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour l’avenir de cette rentrée scolaire, attendue par des millions d’élèves à travers la République démocratique du Congo.

Correspondant de YOKA INFOS à Bunia
Delphin ANECO est correspondant de YOKA INFOS à Bunia. Il couvre l’actualité politique, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo, avec une attention particulière portée aux enjeux de la province de l’Ituri.

