

La Cour militaire de la Tshopo et des Uele a rendu, dans la nuit du vendredi 18 septembre 2026, son verdict dans l’affaire opposant le magistrat Aaron Ikobia à plusieurs policiers. Réagissant à cette décision, le professeur Alphonse Maindo dénonce une « injustice grave » et estime que le procès soulève des interrogations sur le fonctionnement de la justice à Kisangani.
Selon les informations recueillies par YOKA INFOS ce dimanche 20 septembre 2026, la décision de la juridiction militaire prévoit notamment des condamnations de plusieurs policiers. Deux prévenus ont été acquittés, tandis que trois officiers, parmi lesquels le commandant urbain de la Police nationale congolaise à Kisangani, ont été condamnés à six mois de servitude pénale pour non-assistance à personne en danger et à trois mois pour outrage à magistrat. Trois autres policiers ont écopé de trois mois pour outrage à magistrat, selon le compte rendu du verdict publié après l’audience.
Cette décision est vivement contestée par Alphonse Maindo, enseignant en sciences politiques à l’Université de Kisangani. Dans sa réaction, l’universitaire qualifie la condamnation d’« hallucinante et ubuesque » et affirme qu’elle constitue, selon lui, une « injustice grave ».
« C’est quand même hallucinant et ubuesque cette condamnation indifférenciée. Elle témoigne d’une injustice grave, mais c’est sans surprise. Je l’avais déjà dénoncé », déclare-t-il.
Le professeur Maindo revient notamment sur les débats devant la Cour militaire. Il affirme que certains éléments présentés au cours du procès ne permettraient pas, selon son analyse, de justifier les infractions retenues contre les policiers. Il soutient également que les avocats de la défense ont contesté méthodiquement les accusations portées contre leurs clients.
L’universitaire s’interroge par ailleurs sur le déroulement du délibéré. Pour lui, la durée de celui-ci pourrait traduire des discussions difficiles entre les membres de la juridiction. Cette lecture relève toutefois de son appréciation personnelle et ne permet pas, à elle seule, d’établir les positions individuelles des magistrats ayant participé au délibéré.
Alphonse Maindo critique également l’attitude du ministère public durant le procès. Il affirme que l’officier du ministère public avait demandé un report pour préparer sa plaidoirie et estime que les réquisitions ainsi que le verdict final ne correspondraient pas, selon lui, aux éléments discutés lors des audiences.
Cette affaire avait commencé après une altercation survenue le 5 septembre à Kisangani entre le procureur Aaron Ikobia Bahati et des policiers lors d’une opération d’assainissement. La procédure avait ensuite conduit au placement en détention de plusieurs policiers et à leur comparution devant la Cour militaire, dans un dossier comprenant notamment des accusations d’outrage à magistrat.
Dans sa réaction, Alphonse Maindo va plus loin et parle d’une « instrumentalisation de la justice ». Il estime que ce type de situation pourrait, selon lui, affecter la confiance de la population dans les institutions judiciaires et la cohésion nationale.
L’universitaire établit enfin un parallèle avec l’affaire Dreyfus et le célèbre texte « J’accuse » d’Émile Zola. Se présentant comme convaincu de l’innocence de Guy Nzege, il affirme : « Comme Dreyfus, il sera réhabilité et entrera au Panthéon. J’en suis certain. »
À ce stade, ces critiques constituent la lecture et la position d’Alphonse Maindo sur le verdict. La décision de la Cour militaire, elle, constitue l’issue judiciaire rendue dans cette procédure, tandis que les éventuelles voies de recours et leurs suites détermineront la suite du dossier.
Source : YOKA INFOS

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