19 septembre 2026
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L’avenir de la SOTEXKI et les perspectives de création d’une industrie de transformation du cacao suscitent un débat à Kisangani, autour de deux orientations possibles pour relancer l’activité industrielle locale. Une réflexion menée par le Laboratoire de philosophie du droit, de l’éducation et du numérique de l’Université de Kisangani (UNIKIS) invite à dépasser l’opposition entre ces deux options et à examiner leur faisabilité économique.

La réflexion intervient alors que la question de la relance industrielle demeure au centre des préoccupations à Kisangani. Parmi les pistes évoquées figurent la modernisation d’entreprises existantes, dont la SOTEXKI, mais aussi le développement de nouvelles unités de transformation, notamment dans la filière cacao.

Le débat a notamment été alimenté par la position du député Patrick Matata, qui met l’accent sur la nécessité de développer de nouvelles industries et de ne pas s’en tenir aux modèles industriels du passé. Cette approche est toutefois questionnée par le Laboratoire de philosophie du droit, de l’éducation et du numérique de l’UNIKIS, dirigé par le professeur Grison-Trésor Kakumbi.

Pour ce laboratoire, l’idée de « destruction créatrice » développée par l’économiste Joseph Schumpeter ne devrait pas être interprétée comme l’obligation de faire disparaître une entreprise existante avant de créer une nouvelle activité. La modernisation de la SOTEXKI pourrait ainsi être envisagée parallèlement au développement de nouvelles filières industrielles.

L’enjeu dépasse en effet la seule question des équipements. La relance d’une entreprise industrielle concerne également les emplois, les familles qui en dépendent ainsi que les activités économiques développées autour de celle-ci.

Dans cette perspective, le laboratoire estime qu’une éventuelle modernisation de la SOTEXKI devrait être précédée d’une analyse de sa viabilité : coût de la relance, besoins en investissements, capacité de production, débouchés commerciaux et emplois susceptibles d’être maintenus ou créés.

La même démarche pourrait être appliquée au projet d’une chocolaterie à Kisangani. Il faudrait notamment déterminer les volumes de cacao disponibles localement, les investissements nécessaires à la transformation, les marchés potentiels et la capacité d’une telle unité à s’intégrer durablement dans l’économie provinciale.

Cette approche conduit à envisager une troisième voie : moderniser ce qui existe tout en développant de nouvelles activités industrielles. La SOTEXKI et une éventuelle industrie de transformation du cacao ne seraient alors pas nécessairement deux projets concurrents, mais pourraient s’inscrire dans une stratégie plus large de diversification économique.

Le débat reste toutefois ouvert. Les différentes options nécessitent des études techniques et économiques permettant d’évaluer objectivement leurs coûts, leurs avantages, leurs risques et leur impact sur l’emploi.

Pour Kisangani, la question centrale est donc moins de choisir immédiatement entre la SOTEXKI et une chocolaterie que de déterminer quelles activités industrielles sont réellement viables, comment les financer et comment les inscrire dans une stratégie durable de transformation économique de la ville et de la Tshopo.

Source : YOKA INFOS

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