16 septembre 2026
image_editor_output_image1354716598-1789491617260
gridart 20260915 1858073741068911594451643636

La marche de la coalition C64 n’a pas pu se tenir normalement ce mardi 15 septembre 2026 à Kisangani, après l’intervention de la police sur plusieurs points de rassemblement. Sur le terrain, notamment devant l’église catholique de Bendalar, dans la commune de Makiso, les manifestants ont été dispersés, alors que les autorités provinciales avaient interdit la mobilisation pour des raisons sanitaires liées à l’épidémie d’Ebola.

Dès les premières heures de la matinée, un important dispositif policier était visible dans plusieurs secteurs de la ville. À Bendalar, où les militants de l’opposition et des mouvements citoyens avaient commencé à se rassembler, les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser la foule.

Selon Gentil Sefu Biamungu, militant de la LUCHA présent sur place, plus de 1 000 personnes avaient rejoint ce point de rassemblement. Il affirme également que d’autres groupes se dirigeaient depuis Kabondo vers l’hôtel Glodi avant d’être dispersés par la police.

« Ce n’est pas un échec. Nous sommes très déterminés à exercer notre droit de liberté de manifestation », a déclaré Gentil Sefu Biamungu au micro de Yoka Infos, après la dispersion des manifestants.

D’après lui, les organisateurs entendaient se réorganiser et annoncer un nouveau point de rassemblement. Il assure que la mobilisation devait se poursuivre malgré l’intervention des forces de l’ordre.

Cette situation intervient dans un contexte particulier. Dans un communiqué rendu public avant la manifestation, le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, avait interdit la marche et les rassemblements de masse dans la province, invoquant la situation sanitaire liée à la résurgence d’Ebola. L’autorité provinciale estimait que les rassemblements pouvaient favoriser les contacts rapprochés et accroître le risque de transmission du virus.

178949143844489820773505120443

La décision du gouverneur avait été contestée par la C64, qui avait néanmoins maintenu son appel à manifester. La coalition affirmait vouloir défendre la Constitution et s’opposer à toute initiative susceptible, selon elle, d’ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi.

À Kisangani, l’intervention de la police n’a toutefois pas donné lieu au même scénario partout. Au niveau du terrain Bendalar, les manifestants ont été dispersés sans usage d’armes à feu, selon les constatations faites sur place.

17894913863968007053586734927828

Au siège d’Ensemble pour la République, où d’autres militants s’étaient regroupés, la situation était plus tendue. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés à plusieurs reprises pour disperser ou empêcher le rassemblement, tandis que des militants affirmaient être bloqués à l’intérieur du siège.

Selon le bilan provisoire communiqué à Yoka Infos, trois personnes ont été interpellées au cours de ces événements. Ce bilan reste susceptible d’évoluer, en attendant d’éventuelles précisions des autorités ou des services de sécurité.

screenshot 20260915 1847331706606476091537765

Gentil Sefu Biamungu maintient, de son côté, que la mobilisation ne constitue pas un échec.

« Nous nous réorganisons », a-t-il affirmé, annonçant une nouvelle communication aux militants sur les prochaines étapes.

La journée du 15 septembre aura ainsi été marquée à Kisangani par un bras de fer entre la volonté de la C64 de maintenir sa mobilisation politique et l’interdiction décrétée par l’autorité provinciale au nom de la protection sanitaire. Dans une Tshopo toujours confrontée à Ebola, avec 24 cas confirmés recensés au 11 septembre, dont 10 décès, la question des rassemblements reste particulièrement sensible.

La suite de la mobilisation dépend désormais des nouvelles orientations que les organisateurs promettent de communiquer, tandis que les autorités provinciales restent appelées à préciser les suites réservées aux personnes interpellées.

Source : YOKA INFOS

Laisser un commentaire

error: Contenu protégé © YOKA INFOS – Reproduction interdite sans autorisation.