

La visite de Félix Tshisekedi dans la Zone industrielle spéciale de Nkok, au Gabon, ouvre une réflexion sur les moyens de renforcer la Zone économique spéciale de Maluku, à Kinshasa. L’expérience gabonaise met notamment en avant cinq leviers : les infrastructures, la transformation locale, la simplification administrative, l’attraction des investisseurs et une gestion efficace de la zone.
En séjour à Libreville, Félix Tshisekedi a visité dimanche 16 août 2026 la zone industrielle de Nkok, présentée comme une expérience dont la RDC souhaite tirer des enseignements pour développer ses propres espaces industriels.
Premier enseignement : les infrastructures doivent précéder les investisseurs. À Nkok, l’énergie, l’eau, les services logistiques, les banques et les équipements nécessaires à l’activité industrielle sont regroupés sur un même site. Pour Maluku, l’enjeu est de garantir aux entreprises des conditions de production stables et compétitives.
Deuxième leçon : transformer les ressources localement. Le Gabon a notamment développé à Nkok une importante chaîne de transformation du bois. La RDC pourrait adapter cette approche à ses propres ressources, notamment dans l’agro-industrie, les produits forestiers, les matériaux de construction et certaines activités d’assemblage.
Troisième point : simplifier les démarches administratives. Le guichet unique doit permettre aux investisseurs d’obtenir rapidement les autorisations nécessaires, sans multiplier les procédures auprès de plusieurs administrations. Son efficacité devra toutefois se mesurer au temps réellement nécessaire pour installer et faire fonctionner une entreprise.
Quatrième leçon : créer un véritable écosystème industriel. Une usine peut attirer autour d’elle des transporteurs, fournisseurs, sociétés de maintenance, entreprises d’emballage ou prestataires de services. C’est cette concentration d’activités qui permet à une zone industrielle de générer davantage d’emplois et de valeur.
Enfin, Nkok montre l’importance d’une gouvernance clairement définie, notamment à travers le partenariat public-privé qui encadre sa gestion. Pour Maluku, il faudra déterminer clairement qui aménage, entretient les infrastructures, attire les investisseurs et répond aux difficultés opérationnelles.
Maluku ne peut toutefois pas être une copie de Nkok. Sa proximité avec Kinshasa et son potentiel d’accès au fleuve Congo constituent des atouts propres à la RDC. Le défi sera donc d’adapter les enseignements gabonais aux réalités congolaises pour transformer la zone en un véritable pôle de production, d’investissement et d’emplois.

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