

La province de la Tshopo compte désormais 19 cas confirmés de maladie à virus Ebola, dont six personnes guéries, selon le point épidémiologique présenté vendredi 28 août 2026 à Kisangani. Alors que deux nouveaux cas ont été enregistrés en l’espace de deux jours, les autorités sanitaires identifient le territoire de Bafwasende comme l’un des principaux défis de la riposte.
Le bilan a été présenté au cours d’une réunion tenue dans la salle de réunion du ministère provincial de la Santé à Kisangani. Le Dr Raymond Mbaya, chargé des opérations par intérim, a indiqué que le nombre de cas confirmés est passé de 15 à 19 au cours des deux derniers jours.

La maladie touche désormais sept zones de santé et 16 aires de santé. Sur les 19 cas confirmés, 11 personnes sont vivantes et six ont déjà été déclarées guéries. Deux personnels de première ligne ont également contracté la maladie, dont l’un évolue favorablement et devrait prochainement sortir du Centre de traitement Ebola (CTE).
Dix patients sont actuellement pris en charge au CTE. Les équipes poursuivent les investigations autour des nouveaux cas afin d’identifier les contacts à haut risque et de limiter de nouvelles contaminations.


La vaccination des personnels de santé a également été engagée. Selon le rapport présenté lors de la réunion, 122 agents, dont 58 femmes, ont reçu le vaccin. Des opérations de désinfection ont par ailleurs été menées dans des établissements de santé et dans des ménages concernés.
Pour le ministre provincial de la Santé, Dr Simon Bokongo Kawaya, la riposte ne peut toutefois pas reposer uniquement sur les structures médicales. Il insiste sur l’implication des communautés, notamment pour identifier rapidement les malades et favoriser leur orientation vers les structures de prise en charge.

Le territoire de Bafwasende demeure à ce titre une préoccupation majeure. Simon Bokongo l’a qualifié de « trou noir de la réponse », évoquant notamment les mouvements de personnes en provenance de zones affectées et les difficultés rencontrées par les équipes pour y maintenir une présence efficace.
Une mission doit être organisée afin de renforcer la réponse dans ce territoire et de réactiver le travail communautaire. Les autorités veulent notamment renforcer la sous-coordination et impliquer davantage les acteurs locaux dans la sensibilisation et la surveillance.
La circulation des personnes par voie fluviale constitue également un autre défi. Le ministre provincial a dénoncé des écarts importants entre les manifestes déclarés et le nombre réel de passagers à bord de certaines embarcations. Il a notamment évoqué des cas où un manifeste faisant état de 200 personnes pourrait correspondre, en réalité, à près de 900 passagers.
Face à cette situation, des mesures de contrôle sont envisagées, notamment le déploiement d’unités équipées de moyens rapides au niveau de l’île Bertha pour vérifier les passagers et confronter les effectifs aux manifestes.
La sécurité des équipes de riposte reste également au centre des préoccupations. Simon Bokongo a appelé les services de sécurité à mieux protéger les intervenants et leurs équipements, tout en veillant au respect des droits humains.


Le ministre a enfin attiré l’attention sur les structures sanitaires privées, considérées comme un maillon sensible de la réponse. Certains patients pourraient y être pris en charge tardivement avant leur orientation vers les services spécialisés, augmentant ainsi le risque d’exposition du personnel et d’autres malades.
Les autorités sanitaires entendent donc renforcer la sensibilisation des structures privées et améliorer la détection précoce des cas suspects.
Avec 19 cas confirmés, dont deux personnels de première ligne infectés, la riposte contre Ebola en Tshopo entre dans une phase qui exige davantage de coordination. La situation à Bafwasende, la surveillance des mouvements de population, la protection des équipes et l’adhésion des communautés apparaissent désormais comme des priorités pour contenir la propagation de la maladie.

Journaliste – Directeur de publication – Fondateur de YOKA INFOS
Raphaël ULAFIA ABDOUL est journaliste, directeur de publication et fondateur de YOKA INFOS. Licencié en droit, il assure la direction éditoriale du média et coordonne les activités de la rédaction. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo. À travers YOKA INFOS, il promeut un journalisme rigoureux, vérifié et accessible, au service de l’intérêt public.

