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Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a convoqué quatre personnes à Kinshasa pour répondre à des propos que le régulateur juge contraires aux règles encadrant la communication publique et médiatique. Parmi les personnes concernées figurent l’acteur politique Fils Mukoko, une journaliste de la chaîne Balobeli Ya Peuple ainsi que deux responsables associatifs et politiques.

Selon quatre invitations datées du 18 août et consultées par les médias, la journaliste Abigaelle Kulungu et le directeur des programmes de Balobeli Ya Peuple sont attendus ce vendredi 21 août à 11 heures devant le secrétariat d’instruction du CSAC.

Le régulateur reproche notamment à la chaîne d’avoir diffusé, le 18 août, des propos qualifiés d’« injurieux et dégradants ». Concernant la journaliste, le CSAC lui reproche d’avoir laissé son invitée, Gétou Bapile, tenir des propos jugés injurieux à l’égard de l’opposant Martin Fayulu sans, selon l’autorité, procéder à un recadrage.

André Kakubu, présenté comme président du « Parlement des étudiants », figure également parmi les personnes convoquées pour ce vendredi. Le CSAC lui reproche d’avoir donné la parole, lors de séances organisées à Kinshasa, à des intervenants dont certains propos seraient constitutifs, selon le régulateur, d’une « apologie du crime ».

Le dossier de Fils Mukoko est traité séparément. L’acteur politique et directeur général de la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN) est attendu devant le CSAC le lundi 24 août pour présenter ses moyens de défense à la suite d’une intervention devant des jeunes du « Parlement debout », dont une vidéo est devenue virale sur les réseaux sociaux.

Le CSAC lui reproche notamment d’avoir tenu des propos qui, selon le régulateur, inciteraient des jeunes à « localiser et attaquer physiquement les membres d’une famille congolaise ». Ces faits sont présentés par l’autorité comme particulièrement préoccupants au regard des risques liés à la diffusion de propos susceptibles d’encourager la violence.

Les quatre personnes convoquées sont invitées à présenter leurs moyens de défense sur la base de l’article 62 de la loi organique du 10 janvier 2011 relative au CSAC. Il s’agit donc, à ce stade, d’une procédure permettant aux intéressés de répondre aux griefs formulés à leur encontre, et non d’une décision établissant leur responsabilité.

Dans ses invitations, signées par le président du CSAC, Christian Bosembe Lokando, le régulateur avertit que le refus de comparaître pourrait exposer les intéressés à de « lourdes sanctions », sans en préciser la nature. Des copies des convocations ont également été transmises aux procureurs généraux près la Cour de cassation et le Conseil d’État.

Ces convocations interviennent dans un contexte de vigilance accrue autour des contenus diffusés dans les médias et sur les réseaux sociaux, notamment lorsque ceux-ci sont susceptibles de porter atteinte à la dignité des personnes ou d’encourager des actes de violence.

Les auditions annoncées pour les 21 et 24 août devraient permettre aux personnes concernées de faire valoir leurs explications avant toute éventuelle décision du régulateur. À ce stade, les griefs formulés par le CSAC restent donc soumis aux moyens de défense des intéressés et aux suites de la procédure.

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