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Le Chef de Division Provinciale de l’Économie Nationale de la Tshopo affirme ne pas être engagé dans une procédure judiciaire visant le gouverneur Paulin Lendongolia. Mais une requête en référé-liberté en appel, consultée par YOKA INFOS, le présente explicitement comme appelant face à Cédric Lunganga Kalala et au gouverneur de province, relançant les interrogations autour de cette procédure.

La controverse prend une nouvelle tournure dans le dossier administratif qui oppose, depuis plusieurs mois, la hiérarchie de la Division provinciale de l’Économie Nationale à Cédric Lunganga Kalala, chef de bureau d’approvisionnement et prix au sein de cette administration.

Ces dernières semaines, des informations faisant état d’une procédure devant le Conseil d’État ont suscité une réaction du Chef de Division. Celui-ci nie être à l’origine d’une démarche judiciaire dirigée contre le gouverneur Paulin Lendongolia et réaffirme, dans sa communication, son attachement à l’autorité provinciale.

Face à cette contestation, YOKA INFOS a entrepris de vérifier les éléments disponibles dans le dossier. Notre rédaction a notamment consulté une requête intitulée « Requête en référé-liberté en appel contre l’ordonnance n°213/2026 rendue par la Cour d’appel de la Tshopo, section du contentieux administratif », établie à Kisangani le 19 mai 2026 et adressée à la Première Présidente du Conseil d’État à Kinshasa.

Dès la présentation des parties, le document désigne le Chef de Division Provinciale de l’Économie Nationale de la Tshopo comme « appelant ». Cédric Lunganga Kalala et le gouverneur de la Tshopo y sont, quant à eux, identifiés comme « intimés ».

La procédure porte sur la contestation d’une ordonnance rendue par la Cour d’appel de la Tshopo dans le cadre du différend opposant le Chef de Division à son subalterne. Dans les demandes formulées au Conseil d’État, les conseils de l’appelant sollicitent notamment l’annulation de l’ordonnance n°213/2026, le rejet de la requête introduite au premier degré ainsi que le débouté du requérant originaire de l’ensemble de ses prétentions.

Un autre élément du document retient particulièrement l’attention de la rédaction de YOKA INFOS. Dans l’inventaire des pièces produites à l’appui de la requête, figure en première position une « procuration spéciale ». Sont également répertoriés plusieurs documents administratifs, des correspondances attribuées au Chef de Division de l’Économie, des pièces relatives à la procédure en référé-liberté au premier degré ainsi que l’acte de signification de l’ordonnance contestée.

La requête porte par ailleurs les noms de plusieurs avocats du Barreau de la Tshopo constitués comme conseils de l’appelant. La dernière page du document consulté par YOKA INFOS comporte notamment la mention « Pour l’Appelant », suivie de la signature de Me Ruphin Bombile Lofolé.

Ces éléments établissent donc, sur la base de la pièce consultée, qu’une procédure d’appel a été introduite au nom du Chef de Division Provinciale de l’Économie Nationale devant le Conseil d’État. Ils ne permettent cependant pas, à eux seuls, de déterminer dans quelles circonstances précises la procuration spéciale a été délivrée, ni de trancher la question de savoir si l’intéressé conteste aujourd’hui avoir personnellement donné mandat à ses conseils.

C’est précisément cette divergence qui place désormais le dossier au cœur d’un débat « pièces contre pièces ». D’un côté, le Chef de Division nie publiquement être à l’origine d’une action judiciaire contre le gouverneur. De l’autre, le document judiciaire consulté par YOKA INFOS le désigne comme appelant et mentionne une procuration spéciale dans l’inventaire des pièces.

Cette situation soulève ainsi plusieurs questions qui restent à éclaircir : qui a effectivement donné mandat aux avocats ? Dans quelles circonstances la procuration spéciale a-t-elle été établie ? Et quelle est aujourd’hui la position exacte du Chef de Division sur cette procédure dont son nom figure officiellement parmi les parties ?

Ces interrogations sont d’autant plus importantes que le dossier intervient dans un contexte de tensions administratives autour de la situation de Cédric Lunganga Kalala. Celui-ci avait engagé une procédure devant la juridiction administrative de la Tshopo, à l’issue de laquelle une ordonnance avait été rendue, faisant ensuite l’objet de la procédure d’appel documentée par la pièce consultée.

Pour YOKA INFOS, la publication de ces éléments répond à une démarche de clarification. Il ne s’agit ni de préjuger de la responsabilité d’une partie, ni de déterminer à la place des juridictions la validité des actes posés dans cette procédure, mais de confronter les déclarations publiques aux documents judiciaires disponibles.

La suite de cette affaire devrait permettre de clarifier notamment la portée de la procuration spéciale versée au dossier et les conditions dans lesquelles les conseils ont agi au nom de l’appelant. En attendant, les documents consultés par YOKA INFOS maintiennent ouverte une question centrale : comment expliquer la présence officielle du Chef de Division comme appelant dans cette procédure alors qu’il affirme ne pas avoir engagé de démarche contre le gouverneur ?

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