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Une mission de Tropenbos RDC a été confrontée à une situation sécuritaire tendue au PK 122 de la RN4, dans le territoire d’Ubundu, où un orpailleur artisanal est accusé d’avoir proféré des menaces de mort contre ses membres. Alertées, les autorités territoriales et provinciales ont rapidement réagi, conduisant à l’arrestation du suspect, qui devait être transféré à Kisangani pour répondre des faits qui lui sont reprochés.

L’incident s’est produit alors qu’une équipe de trois personnes, composée d’évaluateurs indépendants et d’un chauffeur, effectuait une mission sur l’axe Bafwasende-Ubundu. Cette mission s’inscrivait dans le cadre d’une évaluation indépendante de fin de projet financé par l’Union européenne et la Belgique.

Selon le professeur Alphonse Maindo, directeur de Tropenbos RDC, les difficultés ont commencé lorsque l’orpailleur, identifié comme Djuma, a appris la présence de l’équipe. Il lui reprocherait notamment son implication dans l’accompagnement des communautés locales détentrices de Concessions forestières des communautés locales (CFCL).

« Cet homme a menacé l’équipe quand il a appris que c’était l’équipe de Tropenbos, tout simplement parce qu’il est allé exploiter de l’or dans deux Concessions Forestières des Communautés Locales », a expliqué Alphonse Maindo.

D’après les informations communiquées par Tropenbos RDC, les sites concernés sont la CFCL de Bafwaboli, située au PK 122, et celle de Barumbi Tshopo, qui s’étend à partir du PK 223. L’organisation affirme que les activités minières qui y sont menées sont contestées au regard du cadre légal applicable aux concessions forestières communautaires.

La tension aurait pris une dimension plus préoccupante lorsque l’orpailleur serait revenu accompagné de plusieurs jeunes munis notamment de machettes, de gourdins et de fusils de chasse. La présence, dans le même hôtel, de l’administrateur du territoire d’Ubundu, Willy Iwoti, et du chef de secteur de Kilinga, avec leurs éléments de sécurité, aurait contribué à empêcher une escalade.

Mais selon le directeur de Tropenbos RDC, les menaces ne se sont pas arrêtées à cet épisode. L’organisation avait auparavant saisi le procureur général au sujet des activités minières contestées et des menaces rapportées contre des membres des communautés locales.

Face à l’urgence, Alphonse Maindo affirme avoir alerté plusieurs responsables provinciaux et sécuritaires, dont le gouverneur de la Tshopo, le commandement provincial de la Police nationale congolaise ainsi que des responsables des services de renseignement.

La réaction des autorités territoriales a conduit à l’arrestation du suspect. Celui-ci devait être transféré à Kisangani afin que la justice puisse examiner les faits qui lui sont reprochés, notamment les menaces de mort, les injures publiques et les activités minières présumées illégales.

Pour Tropenbos RDC, l’affaire dépasse toutefois le seul incident sécuritaire. La mission concernée avait été mandatée dans le cadre d’un programme soutenu par l’Union européenne et la Belgique, ce qui, selon Alphonse Maindo, aurait pu donner à l’incident des répercussions sur la coopération entre la RDC et ses partenaires.

« C’est une situation qui aurait pu tourner au drame et on aurait eu des incidents graves pour le pays, parce que là, on a une mission qui a été commandée par l’Union Européenne et la Belgique », a-t-il déclaré.

Le directeur de Tropenbos RDC a par ailleurs tenu à saluer la réaction des autorités, particulièrement celle de l’administrateur du territoire d’Ubundu.

« Je voulais surtout saluer l’intervention immédiate de l’administrateur Willy Iwoti et des autorités provinciales », a-t-il souligné, estimant que cette intervention rapide avait permis d’éviter une issue plus grave.

Cet épisode met en évidence les tensions pouvant surgir autour de l’exploitation des ressources naturelles dans les espaces communautaires, où se croisent les enjeux de conservation forestière, les droits des communautés et les activités minières. Il rappelle également l’importance d’une réponse rapide des autorités lorsqu’un incident impliquant des travailleurs, des communautés locales ou des partenaires extérieurs survient dans les zones rurales de la province.

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