
L’incendie du Centre de traitement Ebola (CTE) de Bafwabango, dans la zone de santé de Nia-Nia en Ituri, continue de susciter de vives inquiétudes au sein des autorités sanitaires. Neuf patients, dont deux cas confirmés et sept cas suspects d’Ebola, ont pris la fuite après l’attaque de la structure et restent introuvables, faisant craindre une intensification de la propagation du virus.
Quelques jours après les violences survenues à Bafwabango, dans le territoire de Mambasa, les conséquences de l’incendie du Centre de traitement Ebola se font davantage sentir. Les équipes de riposte poursuivent les recherches pour retrouver les patients qui se sont échappés lors de l’attaque, alors que la province de l’Ituri demeure l’épicentre de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo.
Selon le médecin-chef de la zone de santé de Nia-Nia, le Dr Joseph Pemanakue, la disparition de ces patients constitue une menace sérieuse pour les efforts de contrôle de l’épidémie.
« Le centre incendié hébergeait deux patients confirmés positifs à Ebola ainsi que sept cas suspects. Les neuf patients ont fui la structure et demeurent introuvables, faisant craindre une propagation accrue de l’épidémie au sein de la communauté », a-t-il alerté.
D’après les informations disponibles, les violences ont éclaté après le refus d’une partie de la population de remettre aux équipes de riposte la dépouille d’une personne soupçonnée d’avoir succombé à la maladie. La situation a rapidement dégénéré, conduisant à l’incendie du centre de traitement et à la destruction de médicaments, d’équipements médicaux ainsi que d’autres matériels essentiels à la prise en charge des malades.
Les autorités coutumières dénoncent un acte qui fragilise considérablement la lutte contre Ebola dans cette partie de la province. Pour Alexis Mungaki, chef du groupement Ngayo, certaines fausses informations continuent d’alimenter la méfiance d’une frange de la population envers les équipes médicales.
« Certains leaders d’opinion manipulent la population en affirmant qu’Ebola est un business. Pourtant, la maladie existe. Nous avons déjà enregistré plusieurs décès et un corps testé positif a été retiré de son cercueil par la population, augmentant ainsi le risque de propagation », a-t-il déploré.
Cet incident intervient dans un contexte particulièrement délicat, alors que les autorités provinciales ont récemment renforcé les mesures de prévention pour tenter de contenir l’épidémie. Fermeture de certains espaces publics, renforcement de la surveillance sanitaire et sensibilisation des communautés figurent parmi les dispositions mises en œuvre pour limiter la transmission du virus.
La fuite de patients infectés ou suspects complique davantage le travail des équipes de riposte, dont les efforts reposent notamment sur l’identification rapide des cas, l’isolement des malades et le suivi des personnes contacts afin d’interrompre les chaînes de transmission.
Face à cette situation, les autorités sanitaires appellent les populations à collaborer avec les équipes déployées sur le terrain, à éviter la propagation de fausses informations et à signaler rapidement tout cas suspect. Elles rappellent que seule une mobilisation collective permettra de freiner la progression de l’épidémie et de protéger les communautés exposées.
