

Les médias sont appelés à renforcer leur contribution à la préservation et à la transmission des traditions locales dans la province de la Tshopo. Cet appel a été formulé mercredi 19 août 2026 à Kisangani par Mathieu Kinganda, lors de la défense de son mémoire de master à l’Université de Kisangani (UNIKIS).
Présenté à la Faculté des Lettres et Sciences humaines, dans l’option Presse, Information et Communication publique, le mémoire porte sur le « Rôle des médias dans la construction et la valorisation des traditions locales ».
Dans son travail, le chercheur s’est intéressé à la manière dont les radios, télévisions et médias en ligne participent à la connaissance et à la préservation du patrimoine culturel. Son étude relève notamment la faible présence des sujets consacrés aux traditions locales dans plusieurs programmes médiatiques, alors que ces plateformes disposent d’une capacité importante de sensibilisation.
Les résultats de l’enquête menée dans le cadre de cette recherche montrent que cette contribution reste perçue comme insuffisante. 80 % des personnes interrogées estiment que les médias ne jouent pas suffisamment leur rôle dans la sensibilisation et la valorisation des traditions locales, contre 20 % qui considèrent leur contribution comme significative.
Face à ce constat, Mathieu Kinganda recommande notamment aux journalistes de renforcer leurs compétences en journalisme culturel. Il estime qu’une meilleure formation permettrait de traiter les questions liées aux traditions avec davantage de profondeur et de régularité.
Le chercheur propose également que les rédactions accordent une place régulière aux contenus culturels dans leurs programmes et productions. Il cite notamment les émissions, magazines et articles consacrés à la musique, à la danse, à la pêche, aux proverbes africains et à d’autres pratiques issues du patrimoine local.
La presse en ligne est particulièrement concernée par cette recommandation. Mathieu Kinganda encourage les médias numériques à intégrer les sujets culturels dans leur production quotidienne.
« Si, par exemple, dans votre média, vous produisez plus ou moins dix articles par jour, cherchez quand même à intégrer ne fût-ce qu’un article qui est lié au sujet culturel ou traditionnel par jour », a-t-il déclaré.
Pour l’impétrant, les médias peuvent ainsi contribuer à maintenir le lien entre les jeunes générations et leur héritage culturel. Il relève notamment qu’en milieu urbain, certains jeunes grandissent avec une connaissance limitée des traditions de leurs communautés d’origine.
Mathieu Kinganda appelle également les leaders culturels à s’impliquer davantage dans ce travail de transmission, notamment à travers des actions de sensibilisation dans les médias et les espaces publics.
Le manque de moyens financiers ou de sources spécialisées ne devrait pas, selon lui, constituer un obstacle insurmontable. Les journalistes peuvent commencer par documenter les pratiques existantes dans leur environnement et recueillir la parole des détenteurs des savoirs locaux, avant de rechercher l’appui de partenaires spécialisés.
À travers cette recherche, le chercheur met ainsi en avant le rôle des médias comme acteurs de la mémoire collective. Pour lui, une présence plus régulière des traditions locales dans les contenus médiatiques contribuerait à mieux faire connaître le patrimoine culturel et à favoriser sa transmission aux générations futures.
La défense de ce mémoire de master constitue également une nouvelle étape dans le parcours académique de Mathieu Kinganda. Son travail ouvre surtout un débat sur la place que les médias de la Tshopo et de la RDC peuvent accorder à la culture locale dans un paysage médiatique largement dominé par l’actualité politique, sécuritaire et économique.

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