
La sœur Thérèse Marie Mokaria Lisono a brillamment soutenu, ce mardi 28 juillet 2026, son mémoire de Diplôme d’Études Approfondies (D.E.A.) en Méthodes appliquées en santé publique à la Faculté de Santé publique de l’Université de Kisangani (UNIKIS). Au terme des délibérations du jury, elle a été proclamée avec la mention Grande Distinction, récompensant la qualité scientifique de ses travaux consacrés à la santé maternelle.
Son étude, intitulée « Recours tardif à la première consultation prénatale et facteurs associés chez les femmes enceintes à Kisangani », s’est penchée sur un enjeu majeur de santé publique en République démocratique du Congo : le retard observé chez de nombreuses femmes enceintes dans le recours à la première consultation prénatale, pourtant essentielle pour prévenir les complications de la grossesse.
À l’issue de sa défense publique, la récipiendaire n’a pas caché sa satisfaction après plusieurs mois de recherches et d’efforts.
« Ce sont des sentiments de joie parce que ce n’était pas facile. C’était un long processus qui a demandé beaucoup d’énergie et de ressources. Dieu merci que nous sommes arrivés au terme de cette étape », a déclaré la sœur Thérèse Marie Mokaria.
Interrogée sur les principales conclusions de son étude, la chercheuse a souligné que le recours tardif aux consultations prénatales expose aussi bien la mère que l’enfant à des risques importants.
« La plus grande conséquence, c’est le décès de la mère et de l’enfant. Si la maman ne suit pas correctement les consultations prénatales, certaines pathologies peuvent passer inaperçues et entraîner des complications graves », a-t-elle expliqué.
Selon elle, les consultations prénatales permettent aux professionnels de santé de détecter précocement les maladies pouvant compromettre la grossesse et d’assurer un meilleur suivi de la femme enceinte jusqu’à l’accouchement.
Au regard des résultats obtenus, la sœur Thérèse Marie Mokaria recommande un renforcement des campagnes de sensibilisation afin d’encourager les femmes enceintes à consulter dès les premières semaines de grossesse.
« J’invite les autorités à améliorer la sensibilisation de la communauté afin que les femmes enceintes commencent les consultations prénatales avant douze semaines de grossesse. Aux femmes, je recommande de consulter dès qu’elles constatent qu’elles sont enceintes », a-t-elle insisté.
Cette recherche intervient dans un contexte où la réduction de la mortalité maternelle et néonatale demeure une priorité des politiques de santé publique en RDC. Les spécialistes rappellent qu’une première consultation prénatale précoce favorise le dépistage des complications, l’administration des soins préventifs et un meilleur accompagnement médical tout au long de la grossesse.
La soutenance s’est déroulée devant un jury composé notamment des professeurs Katenga, Alworonga, Joris Losimba, Bosenge Nguma et Mwembo Tambwe, qui ont évalué la qualité scientifique du travail présenté.
En lui attribuant la mention Grande Distinction, le jury de la Faculté de Santé publique de l’Université de Kisangani a salué la pertinence et la rigueur de cette recherche, dont les recommandations pourraient contribuer à renforcer les stratégies de sensibilisation et de prévention en faveur de la santé maternelle à Kisangani et au-delà.

Juriste | Journaliste | Entrepreneur | Fondateur de YOKA INFOS