2 août 2026
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Patrick Mangala
Ambassadeur de la paix
Depuis le siège des Nations Unies à Genève (Suisse) 🇺🇳

À l’occasion de la Journée nationale du Génocost, célébrée ce dimanche 2 août 2026, Patrick Mangala, ambassadeur de la paix et témoin de la guerre des Six Jours de Kisangani, a renouvelé son appel en faveur de la justice pour les victimes des conflits qui ont endeuillé la République démocratique du Congo. Il a également dénoncé toute instrumentalisation du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), estimant que les ressources destinées aux victimes doivent exclusivement servir à leur réparation.

Instituée pour honorer la mémoire des millions de Congolaises et de Congolais victimes des guerres, des massacres, des violences sexuelles et d’autres violations graves des droits humains, la Journée nationale du Génocost est consacrée au devoir de mémoire et à la lutte contre l’impunité. Au-delà de la commémoration, elle invite à réfléchir aux moyens de garantir la vérité, la justice, les réparations et la non-répétition des crimes qui ont profondément marqué l’histoire du pays.

À cette occasion, Patrick Mangala estime que le souvenir des victimes ne doit pas se limiter aux discours ou aux cérémonies officielles. Pour cet ambassadeur de la paix, journaliste de profession et témoin direct de la guerre des Six Jours qui a ensanglanté Kisangani en juin 2000, la mémoire doit impérativement conduire à des actions judiciaires concrètes contre les auteurs des crimes commis sur le territoire congolais.

« Les victimes méritent que leur droit soit rendu sans négociation. La mémoire n’aura véritablement de sens que lorsqu’elle aboutira à la vérité, à la justice et à la réparation », affirme-t-il.

Selon Patrick Mangala, les souffrances endurées par les populations congolaises depuis plusieurs décennies appellent une réponse forte de l’État et de la communauté internationale. Il exhorte les autorités compétentes à accélérer les procédures judiciaires afin que les auteurs présumés des violences répondent enfin de leurs actes et que les victimes retrouvent la dignité à laquelle elles ont droit.

L’ambassadeur de la paix s’est également exprimé sur les débats entourant la gestion du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO). Pour lui, cette institution a été créée dans un objectif précis : réparer les préjudices subis par les victimes, et non servir d’autres intérêts.

« L’argent des victimes ne peut pas être utilisé comme l’argent de poche des individus à des fins politiques ou pour des enrichissements personnels, au détriment des véritables victimes », dénonce-t-il.

Patrick Mangala attire par ailleurs l’attention sur les nombreuses victimes congolaises contraintes de quitter le pays à la suite des différents conflits armés. À ses yeux, ces personnes ne doivent pas être exclues du processus de réparation.

« Les victimes ne sont pas seulement au Congo. Après les guerres, plusieurs Congolais touchés par les violences ont choisi la voie de l’exil. Il est important de les identifier afin qu’elles obtiennent justice partout où elles se trouvent », soutient-il.

À cet effet, il invite le gouvernement congolais, à travers ses ambassades et représentations diplomatiques, à lancer une vaste opération d’identification des victimes vivant à l’étranger afin qu’elles puissent également bénéficier des mécanismes de réparation et d’indemnisation.

Profitant de cette Journée nationale du Génocost, Patrick Mangala a également rendu hommage au réalisateur belge Thierry Michel, qu’il considère comme l’une des personnalités ayant contribué à documenter les crimes commis en République démocratique du Congo à travers son documentaire L’Empire du silence.

« Ce film retrace des années de souffrances et met en lumière les présumés auteurs des crimes qu’a connus le peuple congolais », souligne-t-il.

L’engagement de Patrick Mangala en faveur de la mémoire et de la justice se traduit également par son propre travail audiovisuel. Inspiré par la démarche de Thierry Michel, il a réalisé le court métrage « La Voix de la Tshopo sur le Rapport Mapping », qui retrace le combat mené par les acteurs de la société civile de Kisangani pour obtenir la publication du Rapport Mapping des Nations unies, document recensant les graves violations des droits humains commises en République démocratique du Congo entre 1993 et 2003.

À travers ce film et son plaidoyer, Patrick Mangala entend poursuivre son engagement auprès des instances nationales et internationales afin que les victimes obtiennent enfin vérité, justice et réparation. En cette Journée nationale du Génocost, il rappelle que la mémoire des millions de victimes ne prendra tout son sens que si elle s’accompagne d’une lutte résolue contre l’impunité et d’une volonté collective de bâtir une paix durable.

À voir également :
La Voix de la Tshopo sur le Rapport Mapping, un court métrage réalisé par Patrick Mangala, est disponible sur YouTube :

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