29 juillet 2026
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Deux structures sanitaires ont été incendiées en moins de 48 heures à Butembo, dans la province du Nord-Kivu, sur fond de rumeurs accusant leurs responsables de complicité avec les équipes de riposte contre Ebola. Ces attaques, qui n’ont fait aucune victime, illustrent les résistances persistantes auxquelles sont confrontés les acteurs de santé engagés dans la lutte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo.

La dernière attaque s’est produite dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 juillet 2026 au Centre hospitalier Crinovic, situé dans le quartier Congo ya Sika, commune de Vulamba. Selon des témoignages recueillis localement, des individus non identifiés se sont d’abord présentés en soirée pour menacer le responsable de l’établissement, l’accusant de déclarer de faux cas d’Ebola ou de participer à la contamination de patients.

Quelques heures plus tard, vers une heure du matin, les assaillants sont revenus et ont mis le feu à deux bâtiments de la structure sanitaire, notamment le laboratoire où étaient entreposés du matériel médical. Aucun membre du personnel ni patient ne se trouvait sur les lieux au moment de l’incendie.

Le président de la société civile de la commune de Vulamba, Jean-Baptiste Musayi, a indiqué que les auteurs de cette attaque avaient auparavant proféré des menaces contre le responsable du centre en l’accusant de « tuer des patients sous prétexte d’Ebola ».

Cet incident intervient seulement deux jours après l’incendie du poste de santé Zawadi, plus connu sous le nom de Mapendo, dans la cellule Kyaghala, en commune de Bulengera. Là encore, des hommes non identifiés ont incendié l’établissement après une série de rumeurs visant son responsable. Celui-ci avait suspendu les activités de la structure à la suite de menaces répétées.

Selon plusieurs leaders communautaires, ces accusations ont émergé après le décès de plusieurs patients atteints d’Ebola qui avaient transité par ce poste de santé avant leur transfert au Centre de traitement d’Ebola (CTE) de Katwa. Certains habitants ont alors soupçonné, sans preuve établie, le personnel soignant de favoriser volontairement ces transferts ou de déclarer abusivement des cas d’Ebola.

Des responsables communautaires estiment toutefois qu’une autre hypothèse mérite d’être prise en considération, celle d’une contamination survenue au sein même de la structure sanitaire après la prise en charge d’un premier malade, dans un contexte où les protocoles de prévention n’auraient pas été pleinement respectés.

Ces attaques rappellent les difficultés déjà rencontrées lors de la dixième épidémie d’Ebola, entre 2018 et 2020. À cette époque, les équipes de riposte avaient été régulièrement confrontées à la désinformation, aux résistances communautaires et à des actes de violence qui avaient considérablement compliqué les opérations de prise en charge et de surveillance.

Aujourd’hui, Butembo demeure l’un des principaux foyers de la 17ᵉ épidémie au Nord-Kivu. Les deux zones de santé de la ville concentrent 220 des 325 cas confirmés enregistrés dans la province jusqu’au 27 juillet 2026, illustrant l’ampleur de la circulation du virus dans cette agglomération.

Au-delà des dégâts matériels, l’incendie de ces deux structures sanitaires risque de fragiliser davantage l’accès aux soins et de ralentir les efforts de riposte. Les autorités sanitaires et les acteurs communautaires sont désormais appelés à renforcer la sensibilisation des populations afin de combattre les fausses informations, restaurer la confiance envers les structures de santé et prévenir de nouvelles violences susceptibles de compromettre la lutte contre Ebola.

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