

La riposte contre la maladie à virus Ebola en Tshopo se prépare à renforcer son dispositif vaccinal, avec 1 500 doses du vaccin Ervebo actuellement disponibles à Kisangani. Dans le même temps, les acteurs sanitaires alertent sur la situation à Bafwasende, considérée comme l’un des principaux points de vulnérabilité face au risque de propagation de la maladie.
La situation épidémiologique et les différentes actions engagées contre Ebola étaient au centre d’une réunion du système de gestion de l’incident, tenue mardi 25 août 2026 au ministère provincial de la Santé de la Tshopo, à Kisangani. La rencontre a été conduite par le Dr Simon Bokongo, ministre provincial de la Santé, en présence des équipes de riposte et de plusieurs partenaires techniques et financiers.
Au cours des échanges, le volet vaccination contre Ebola a notamment été abordé. Selon les informations présentées par la coordination du Programme élargi de vaccination (PEV), 2 000 doses du vaccin Ervebo ont été réceptionnées le 17 août dernier.
Sur ce stock, 500 doses ont été acheminées vers le Bas-Uélé, tandis que 1 500 doses restent actuellement disponibles à Kisangani, dans la chaîne de froid. Une quantité supplémentaire est annoncée, mais son volume et les modalités de son acheminement doivent encore être précisés par les autorités compétentes.
Bafwasende, une zone sous surveillance
Si la disponibilité des premières doses constitue une avancée dans la réponse vaccinale, la situation à Bafwasende demeure une source de préoccupation pour les acteurs de la riposte.
Une mission doit être organisée afin de renforcer la réponse dans cette zone. Les équipes travaillent notamment à l’élaboration des termes de référence devant encadrer ce déploiement.

Cette intervention est jugée urgente en raison des mouvements de populations observés depuis certaines zones affectées. Des personnes quittant des localités touchées par la maladie se dirigent notamment vers Bafwasende, avant de poursuivre éventuellement leur déplacement vers Kisangani.
« Le plus tôt possible, nous devons rentrer là-bas », a insisté un responsable de la riposte au cours de la réunion, faisant de Bafwasende l’un des points prioritaires de l’intervention.
La difficulté est également sécuritaire. Les participants ont expliqué qu’une première tentative d’installation d’une sous-coordination dans cette zone avait été compromise après des menaces visant des membres du personnel. Cette situation a contraint certains agents à regagner Kisangani.
Le rôle des forces de sécurité au cœur des échanges
La réunion a également mis en lumière la nécessité de mieux intégrer les militaires et les policiers dans les activités de sensibilisation.
Les participants ont relevé que les forces de défense et de sécurité, ainsi que leurs familles, constituent des groupes importants à atteindre, notamment en raison des conditions de vie dans certains camps militaires.
L’idée avancée consiste à former des responsables au sein de ces structures afin qu’ils puissent devenir des relais de sensibilisation auprès des militaires, des policiers et de leurs familles.
Cette approche vise également à renforcer le respect des mesures de prévention et de contrôle lors des déplacements des personnes en uniforme.
Le conseiller du gouverneur plaide pour un engagement politique accru
Le Dr Patrick Boname, conseiller du gouverneur de la Tshopo, a pour sa part insisté sur l’importance d’un engagement plus visible de l’autorité provinciale dans la communication autour de l’épidémie.
Les partenaires souhaitent notamment voir le gouverneur prendre régulièrement la parole dans les médias afin d’informer la population sur l’évolution de la situation, les mesures prises et les comportements à adopter.
L’objectif est de maintenir une communication régulière et crédible auprès de la population, alors que la province fait face à une situation épidémiologique qui exige une mobilisation de l’ensemble des acteurs.

La coordination, un autre défi de la riposte
Les échanges ont enfin mis l’accent sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les autorités provinciales, les équipes techniques et les partenaires.
Le principe défendu au cours de la réunion est celui d’une réponse concertée, permettant notamment d’éviter les doublons, d’améliorer le partage d’informations et de renforcer la redevabilité des différents intervenants.
Pour les acteurs réunis au ministère provincial de la Santé, la disponibilité des vaccins ne constitue qu’un élément de la réponse. La maîtrise des mouvements de populations, la sécurisation des équipes, la sensibilisation des groupes à risque et la coordination des interventions restent tout aussi déterminantes.
Alors que 1 500 doses d’Ervebo sont déjà disponibles à Kisangani, l’attention des autorités et des partenaires se porte désormais particulièrement sur Bafwasende, où la combinaison de l’insécurité et des déplacements de populations pourrait compliquer davantage le contrôle de la propagation d’Ebola en Tshopo.

Journaliste – Directeur de publication – Fondateur de YOKA INFOS
Raphaël ULAFIA ABDOUL est journaliste, directeur de publication et fondateur de YOKA INFOS. Licencié en droit, il assure la direction éditoriale du média et coordonne les activités de la rédaction. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo. À travers YOKA INFOS, il promeut un journalisme rigoureux, vérifié et accessible, au service de l’intérêt public.

