
La communauté Turumbu du territoire d’Isangi, dans la province de la Tshopo, a officiellement déposé, mardi 4 août 2026, un cahier des charges auprès de la Direction générale de l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques (INERA). À travers cette démarche, elle demande l’ouverture de pourparlers en vue d’une indemnisation qu’elle estime attendre depuis plus d’un siècle d’exploitation de ses terres.
La communauté Turumbu a franchi une étape importante dans la défense de ses revendications foncières. Réunis au sein d’une délégation conduite par le chef du secteur Turumbu, Ir Bilambo Augustin, ses représentants ont déposé, ce mardi 4 août, un cahier des charges adressé au Directeur général de l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques (INERA), à Yangambi.
La délégation comprenait notamment le vice-président de l’Association de la Mutuelle Turumbu (AMUTUR), le président du Conseil des sages, plusieurs chefs de villages, des notables de la communauté ainsi que le député provincial Héritier Likaka, qui a pris part à cette initiative en qualité de fils de la communauté.

Selon les représentants communautaires, cette démarche vise à ouvrir un dialogue avec l’INERA au sujet de l’exploitation des terres du secteur Turumbu, entamée en 1922 à l’époque de l’Institut national pour l’étude agronomique du Congo belge (INIAC), avant d’être poursuivie par l’INERA après l’indépendance.
Le secteur Turumbu, situé dans le territoire d’Isangi, est composé de quatre groupements : Weko, Yawenda, Yelongo et Yambao, regroupant au total 56 villages. Les responsables de la communauté affirment qu’en 104 ans d’exploitation, les populations locales n’ont jamais bénéficié d’une indemnisation pour l’occupation de leurs terres.

Au-delà de cette revendication, le cahier des charges présente un ambitieux programme de développement communautaire. Les populations sollicitent notamment la construction de 11 écoles, la réalisation de 100 forages d’eau potable, l’aménagement de marchés, la mise en place de porcheries et de poulaillers, ainsi que d’autres infrastructures destinées à améliorer les conditions de vie dans les différents villages du secteur.
Selon Héritier Likaka, cette initiative poursuit un objectif d’intérêt général pour l’ensemble de la communauté Turumbu. Il souligne que des copies du cahier des charges ont également été transmises à plusieurs institutions nationales afin que le dossier soit examiné par les autorités compétentes à Kinshasa.
Les représentants communautaires espèrent que cette démarche ouvrira la voie à des discussions constructives avec l’INERA en vue de trouver une solution aux revendications formulées. Ils estiment qu’au-delà de la question de l’indemnisation, les investissements sollicités contribueraient au développement socio-économique du secteur Turumbu.
À ce stade, l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques (INERA) n’avait pas encore réagi officiellement au contenu du cahier des charges déposé par la communauté Turumbu. Celle-ci dit désormais attendre l’ouverture d’un cadre de concertation avec les autorités concernées afin d’examiner ses revendications et les projets de développement proposés.

Journaliste – Directeur de publication – Fondateur de YOKA INFOS
Raphaël ULAFIA ABDOUL est journaliste, directeur de publication et fondateur de YOKA INFOS. Licencié en droit, il assure la direction éditoriale du média et coordonne les activités de la rédaction. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo. À travers YOKA INFOS, il promeut un journalisme rigoureux, vérifié et accessible, au service de l’intérêt public.