31 juillet 2026
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Le gouvernement congolais a réaffirmé son refus d’associer l’AFC/M23 au futur dialogue national voulu par le président Félix Tshisekedi, estimant que cette question relève déjà du processus de paix de Doha. Pour Kinshasa, les concertations nationales ont pour objectif de consolider le front intérieur face à la crise sécuritaire, tandis que les discussions avec la rébellion suivent un cadre distinct.

Lors d’un briefing de presse consacré à la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a clarifié la position de l’exécutif concernant la participation de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) au dialogue national annoncé à l’issue des échanges entre le chef de l’État et les responsables des confessions religieuses.

Selon le ministre de la Communication et Médias, le gouvernement distingue les différents mécanismes de règlement de la crise qui affecte l’est du pays. Il a expliqué que les accords conclus à Washington concernent les relations entre la RDC et le Rwanda, tandis que les discussions de Doha portent spécifiquement sur la rébellion de l’AFC/M23.

« Les accords de Washington constituent le premier dialogue. C’est l’accord que nous avons conclu avec le père, le Rwanda. Le deuxième dialogue est l’accord-cadre de Doha. C’est ce que nous avons conclu avec le fils, le M23 », a déclaré Patrick Muyaya, précisant que plusieurs protocoles prévus dans le cadre des discussions de Doha sont encore en cours de mise en œuvre.

Pour le gouvernement, le dialogue national poursuit une finalité différente. Il vise, selon Patrick Muyaya, à renforcer la cohésion entre les Congolais et à mobiliser les forces vives du pays autour d’une réponse commune face à l’insécurité persistante dans l’est de la RDC.

« La crise que nous connaissons est due à l’agression rwandaise, menée directement par l’armée rwandaise et à travers ses supplétifs. Les processus de Washington et de Doha sont censés apporter une réponse à cette crise sécuritaire. Mais parce qu’il existe un impératif interne et un besoin de nous remobiliser, le dialogue que compte organiser le président de la République a pour vocation de créer un front intérieur contre l’agression », a-t-il soutenu.

Le porte-parole du gouvernement a également écarté toute possibilité de voir l’AFC/M23 prendre part à ces concertations nationales. « Ceux du M23 sont déjà pris en charge dans un protocole et dans un cadre déterminé. Ils n’ont donc rien à voir avec le dialogue attendu ici. Voulez-vous que nous acceptions d’amener le Rwanda et les Rwandais dans un dialogue entre Congolais visant à créer un front interne contre l’agression rwandaise ? Où est la logique ? », s’est-il interrogé.

Cette position intervient alors que plusieurs acteurs politiques et sociaux plaident pour un dialogue le plus inclusif possible afin de favoriser un consensus national. Le gouvernement, de son côté, insiste sur la nécessité de distinguer les négociations diplomatiques et sécuritaires des concertations destinées à renforcer l’unité nationale.

Le contexte demeure marqué par la poursuite des initiatives de paix engagées sous médiation internationale. Les processus de Washington, axé sur les relations entre Kinshasa et Kigali, et de Doha, consacré aux discussions entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, n’ont pas encore permis de mettre un terme durable aux affrontements dans l’est du pays. Les différentes parties continuent de s’accuser mutuellement de violations des engagements pris dans le cadre des cessez-le-feu.

Au-delà des enjeux sécuritaires, le futur dialogue national s’inscrit également dans un climat politique tendu, alimenté notamment par les débats sur une éventuelle réforme constitutionnelle. Dans ce contexte, les prochaines consultations devraient constituer un test important pour la capacité des institutions à rassembler les acteurs nationaux autour des défis majeurs auxquels la République démocratique du Congo est confrontée.

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