
La République démocratique du Congo poursuit sa lutte contre la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, dont le bilan s’élève désormais à 3 360 cas confirmés et 1 487 décès au 27 juillet 2026. Parallèlement, près d’une centaine de décès communautaires ont été signalés en une semaine au PK51, dans le territoire de Mambasa (Ituri), sans être intégrés aux statistiques officielles faute de confirmation biologique.
Selon le rapport de situation n°074 publié par l’Institut national de santé publique (INSP), la riposte a enregistré, au cours des dernières 24 heures, 98 nouveaux cas confirmés, 50 décès et 14 guérisons, portant le nombre total de personnes guéries à 597. La létalité provisoire de l’épidémie est estimée à 44,3 %, un taux qui demeure conforme aux données connues de la souche Bundibugyo.
L’Ituri reste de loin la province la plus affectée, avec 2 988 cas confirmés et 1 238 décès. Les zones de santé de Bunia, Rwampara, Mongbwalu et Nizi concentrent la majorité des infections recensées. Au Nord-Kivu, 325 cas et 223 décès ont été enregistrés, tandis que les centres de traitement fonctionnent au-delà de leur capacité d’accueil.
Au-delà des chiffres officiels, la situation inquiète particulièrement au PK51, une agglomération minière située dans le territoire de Mambasa. D’après le médecin-chef de la zone de santé de Nia-Nia, cité par Radio Okapi, entre dix et quinze décès communautaires sont enregistrés chaque jour, soit près d’une centaine en une semaine. Ces décès ne figurent toutefois pas dans le bilan officiel, les prélèvements nécessaires à leur confirmation n’ayant pas pu être réalisés.
Cette difficulté s’explique notamment par l’insécurité persistante et la résistance d’une partie de la population aux activités de riposte. Après la destruction du Centre de traitement Ebola de Bafwabango, le 30 juin dernier, plusieurs équipes sanitaires ont quitté la zone, entraînant la fermeture de quarante structures de santé sur les cinquante que compte la localité.
Face aux rumeurs qui alimentent la méfiance, les autorités sanitaires poursuivent leurs efforts de sensibilisation. « Ebola n’est pas une affaire d’argent, c’est une maladie réelle », avait rappelé le chef du groupement de Ngayo, Alexis Mungaki, appelant la population à ne pas céder aux fausses informations qui compromettent la lutte contre l’épidémie.
Le rapport de l’INSP identifie d’ailleurs la réticence aux prélèvements post-mortem, les résistances communautaires et les attaques contre les équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés parmi les principaux obstacles à une évaluation précise de la situation sanitaire. Ces difficultés entraînent des retards dans la confirmation des cas et risquent de sous-estimer l’ampleur réelle de l’épidémie.
Les professionnels de santé restent également particulièrement exposés. Depuis le début de l’épidémie, 123 agents de santé ont contracté le virus en Ituri, dont 37 sont décédés. À Nia-Nia, le docteur Willy Ngeleza avait récemment alerté sur le manque d’équipements de protection individuelle, estimant que cette insuffisance contribue à la contamination du personnel soignant.
Déclarée le 15 mai 2026 à Mongbwalu, cette 17ᵉ épidémie est causée par la souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique n’est encore homologué. Les autorités sanitaires poursuivent néanmoins le renforcement de la surveillance épidémiologique, la formation des équipes de riposte et les actions de sensibilisation communautaire, tout en espérant améliorer l’accès aux zones affectées afin d’obtenir une image plus fidèle de l’évolution de l’épidémie et de freiner sa propagation.
