

Le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, a réagi aux propos d’Augustin Kabuya affirmant que Félix Tshisekedi ne devrait quitter le pouvoir qu’après Paul Kagame. Le cadre de l’UDPS défend le maintien du chef de l’État dans le contexte de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans une intervention accordée à RFI, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi a rappelé, à sa manière, la différence entre les systèmes politiques congolais et rwandais. Selon lui, Félix Tshisekedi est un président élu démocratiquement, tandis que la situation politique du Rwanda relève d’un autre cadre institutionnel.
« Il y a au Congo un président démocratiquement élu, c’est différent du Rwanda », a-t-il déclaré, en réaction au débat suscité par la sortie d’Augustin Kabuya.
Le premier vice-président de la Chambre basse du Parlement a ensuite replacé cette question dans le contexte de la guerre dans l’Est du pays. Il estime que les difficultés sécuritaires auxquelles fait face la RDC ne devraient pas conduire à remettre en cause le leadership du président de la République.
« On ne jette pas le capitaine lorsque le bateau est attaqué », a-t-il notamment lancé, développant ainsi une lecture politique de la déclaration de Kabuya.
Cette dernière avait été faite le 2 septembre 2026 lors d’une matinée politique de l’UDPS organisée à Kinshasa. Augustin Kabuya avait alors lié la question du départ de Félix Tshisekedi à celle du président rwandais Paul Kagame, dans un contexte marqué par les tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali autour de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Pour Tshilumbayi, l’argument avancé par le camp présidentiel renvoie donc principalement à la nécessité de préserver la cohésion autour des institutions pendant que le pays fait face à une crise sécuritaire majeure. Il présente la situation comme une agression extérieure qui, selon lui, affecte l’exercice du mandat présidentiel.
Cette position intervient alors que la question de l’avenir politique de Félix Tshisekedi alimente également les débats autour de la Constitution et du dialogue national. Le président de la République, réélu en décembre 2023, est actuellement dans son deuxième mandat, tandis que les discussions sur une éventuelle modification du cadre constitutionnel restent au centre de la vie politique congolaise.
En parallèle, le chef de l’État a annoncé l’ouverture d’un dialogue national consacré notamment à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État, une initiative que l’UDPS dit soutenir et autour de laquelle Augustin Kabuya a récemment demandé la mobilisation des structures du parti.
La réaction de Tshilumbayi vient ainsi prolonger le débat ouvert par Kabuya, en donnant une justification politique à la volonté du camp présidentiel de maintenir le cap autour de Félix Tshisekedi. Elle illustre surtout la manière dont la crise sécuritaire dans l’Est continue de s’imposer dans les discussions sur l’avenir institutionnel et politique de la RDC.
Source : YOKA INFOS

Journaliste – Directeur de publication – Fondateur de YOKA INFOS
Raphaël ULAFIA ABDOUL est journaliste, directeur de publication et fondateur de YOKA INFOS. Licencié en droit, il assure la direction éditoriale du média et coordonne les activités de la rédaction. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo. À travers YOKA INFOS, il promeut un journalisme rigoureux, vérifié et accessible, au service de l’intérêt public.

