

La rentrée scolaire 2026-2027 a débuté ce mardi 1er septembre à Butembo, dans le Nord-Kivu, avec une reprise effective dans plusieurs établissements privés, tandis que les écoles publiques et conventionnées connaissent une participation plus timide. Cette situation intervient alors que l’Intersyndicale des enseignants de la province éducationnelle Nord-Kivu II a appelé au boycott de la rentrée, invoquant notamment les inquiétudes liées à Ebola et plusieurs revendications sociales.
Au Complexe scolaire Sainte-Croix et à La Tolérance, les cours ont effectivement démarré dès cette première journée, selon le constat réalisé sur place. Des parents ont accompagné leurs enfants et plusieurs dispositifs de prévention contre Ebola étaient visibles dans les établissements.
Cette reprise ne présente toutefois pas le même visage dans les écoles publiques et conventionnées. La présence des enseignants et des élèves y est plus faible, dans un contexte marqué par le mot d’ordre lancé par l’Intersyndicale du Nord-Kivu II.
Réunis à Butembo avant la rentrée, plusieurs syndicats d’enseignants avaient annoncé leur décision de ne pas reprendre les cours le 1er septembre. Ils évoquent notamment la persistance de la maladie à virus Ebola, qu’ils considèrent comme un risque pour les enseignants et les élèves, mais aussi des préoccupations liées à la Mutuelle de santé des enseignants du secteur public et à la situation sécuritaire dans certaines zones de la province éducationnelle.
Cette position contraste avec celle des autorités éducatives, qui ont maintenu la rentrée scolaire à la date prévue. Au niveau national, le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté a prévu un dispositif différencié dans les zones touchées par Ebola, avec notamment un enseignement à distance dans les sous-divisions classées à haut risque.
À Butembo, la question sanitaire avait déjà suscité des inquiétudes avant la reprise. Des représentants des élèves avaient notamment demandé le renforcement des dispositifs d’hygiène dans les établissements, évoquant entre autres l’état des toilettes, l’accès à l’eau et la surpopulation de certaines classes.
Les autorités éducatives de Butembo avaient, de leur côté, réuni les chefs d’établissements publics et privés le 28 août afin de préparer la rentrée dans ce contexte épidémique. Des consignes avaient notamment été données pour renforcer les équipements de prévention contre Ebola dans les écoles, avec l’appui d’acteurs sanitaires.
Les syndicats avaient également demandé l’installation de thermoflashs, de dispositifs de lavage des mains et d’espaces pouvant permettre l’orientation des cas suspects. Ils estiment que ces mesures sont nécessaires pour protéger la communauté éducative tout en permettant la continuité des cours.
À Butembo, cette rentrée scolaire apparaît donc comme une rentrée à deux vitesses : effective dans plusieurs établissements privés, mais plus hésitante dans une partie du public et du conventionné. Les prochains jours devraient permettre de mesurer l’ampleur réelle du mouvement syndical et de voir si les échanges entre autorités et enseignants permettront une reprise plus régulière des cours.

Journaliste – Directeur de publication – Fondateur de YOKA INFOS
Raphaël ULAFIA ABDOUL est journaliste, directeur de publication et fondateur de YOKA INFOS. Licencié en droit, il assure la direction éditoriale du média et coordonne les activités de la rédaction. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo. À travers YOKA INFOS, il promeut un journalisme rigoureux, vérifié et accessible, au service de l’intérêt public.

