

L’opposant Jean-Marc Kabund critique le format du dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi et estime que la démarche comporte trois principaux risques. Il reproche notamment au pouvoir de ne pas avoir retenu le cadre consensuel réclamé par la C64, de cumuler les fonctions d’organisateur et d’arbitre, et de risquer de diluer les véritables causes de la crise congolaise.
Intervenant lors d’un Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, Kabund a d’abord contesté la nature même du processus annoncé par le chef de l’État. Selon lui, les consultations prévues ne correspondent pas au dialogue politique que réclame la C64.
« Nous n’avons pas demandé un forum, nous avons demandé un cadre bien circonscrit dans lequel les vrais problèmes du Congo seraient débattus, avec un médiateur ou un facilitateur neutre, et des mesures de confiance garanties », a-t-il déclaré.
Pour l’ancien responsable de l’UDPS, le premier risque réside donc dans la confusion entre une consultation nationale et un véritable dialogue politique. La C64 réclame notamment un processus consensuel capable d’aborder les causes profondes des crises sécuritaire, politique et sociale qui traversent le pays.
Kabund voit ensuite un deuxième « piège » dans la place accordée aux institutions de la République dans l’organisation du processus. Il estime que le président Félix Tshisekedi ne peut à la fois participer à la crise politique comme partie prenante et se présenter comme arbitre du dialogue.
« Il est arbitre et en même temps partie », a-t-il résumé, dénonçant ainsi ce qu’il considère comme une confusion des rôles.
Le troisième risque évoqué concerne la portée des consultations annoncées. Kabund redoute que la multiplication des consultations provinciales et populaires aboutisse principalement à une accumulation de recommandations, sans mécanisme permettant de répondre concrètement aux problèmes à l’origine de la crise.
Cette critique intervient quelques jours après l’annonce, par Félix Tshisekedi, d’un Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Le président congolais présente ce processus comme un moyen de traiter les causes structurelles de l’instabilité du pays et a fixé sa durée maximale à trois mois.
La démarche présidentielle suscite toutefois des réserves dans une partie de l’opposition. La C64 estime notamment que les consultations annoncées ne constituent pas un véritable dialogue national inclusif et réclame un cadre consensuel permettant d’aborder les crises sécuritaire, politique et sociale.
Dans la même logique, Kabund a également mis en cause l’entourage présidentiel, qu’il accuse d’influencer le contenu des discours du chef de l’État et de défendre, selon lui, des intérêts particuliers. Ces accusations relèvent toutefois de son appréciation politique et n’ont pas été étayées dans son intervention par des éléments permettant de les établir indépendamment.
Le débat porte désormais sur la capacité du processus annoncé par Félix Tshisekedi à convaincre les différentes forces politiques de participer aux consultations. Alors que le pouvoir défend un dialogue conduit par les institutions nationales, une partie de l’opposition continue de réclamer davantage de garanties sur l’inclusivité, la neutralité et les objectifs des assises.

Journaliste – Directeur de publication – Fondateur de YOKA INFOS
Raphaël ULAFIA ABDOUL est journaliste, directeur de publication et fondateur de YOKA INFOS. Licencié en droit, il assure la direction éditoriale du média et coordonne les activités de la rédaction. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo. À travers YOKA INFOS, il promeut un journalisme rigoureux, vérifié et accessible, au service de l’intérêt public.

