

Le Gouvernement congolais a dénoncé, lundi 24 août 2026, une série de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire dans les territoires de l’Est de la RDC contrôlés par l’AFC/M23 et les forces rwandaises. Kinshasa fait notamment état de plus de 300 personnes tuées en juin et juillet, ainsi que de centaines de cas de violences sexuelles, de tortures, d’enlèvements et de recrutements forcés.
Dans un communiqué publié par le ministère de la Communication et des Médias, le Gouvernement affirme que ces exactions auraient été commises dans plusieurs zones sous contrôle de l’AFC/M23 et des Forces de défense rwandaises (RDF). Le bilan avancé repose, précise Kinshasa, sur des informations consolidées par les services compétents.
Le document fait état de plus de 300 morts enregistrés au cours des mois de juin et juillet, à la suite notamment d’exécutions sommaires, de massacres et de bombardements. Le Gouvernement évoque également des centaines de cas de viols et d’agressions sexuelles, ainsi que plus de 300 cas de torture, dont certaines victimes seraient des élèves.
À ces faits s’ajouteraient des enlèvements et des recrutements forcés de jeunes, notamment dans les localités de Tshanzu et Rumangabo. Kinshasa signale également des habitations incendiées et des biens pillés, dans un contexte où les populations civiles restent fortement exposées aux conséquences du conflit.
Le Gouvernement congolais dénonce par ailleurs ce qu’il qualifie de processus de « transplantation de populations ». Il affirme que, le 10 août dernier, plus de 100 familles d’origine rwandaise auraient franchi la frontière par la piste de Kabuhanga, dans le territoire de Nyiragongo, avant d’être installées à Rwibiranga, dans le groupement de Buhumba.
Sur le plan social, Kinshasa dénonce également des prélèvements imposés dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Le Gouvernement affirme notamment que des frais seraient exigés dans des établissements scolaires malgré le principe de gratuité de l’enseignement primaire, et évoque un prélèvement de 17 % sur les recettes trimestrielles de certaines écoles.
Ces accusations interviennent alors que la situation des droits humains demeure préoccupante dans l’Est du pays. Dans un rapport publié lundi, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a documenté plus de 600 violations et atteintes aux droits humains pour le seul mois de juin 2026 dans plusieurs provinces affectées par les conflits, avec l’AFC/M23 présenté comme le principal responsable parmi les acteurs documentés.
Face à cette situation, Kinshasa exige notamment le retrait de l’AFC/M23 des zones qu’il contrôle, la cessation du soutien rwandais au mouvement et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Le Gouvernement réaffirme également sa volonté de poursuivre les démarches visant à obtenir justice pour les victimes et à lutter contre l’impunité.
Ces accusations gouvernementales interviennent dans un contexte de poursuite des efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit dans l’Est de la RDC. Pour Kinshasa, la protection des civils, le respect de la souveraineté nationale et l’établissement des responsabilités doivent rester au cœur de toute perspective de paix durable.

Journaliste – Directeur de publication – Fondateur de YOKA INFOS
Raphaël ULAFIA ABDOUL est journaliste, directeur de publication et fondateur de YOKA INFOS. Licencié en droit, il assure la direction éditoriale du média et coordonne les activités de la rédaction. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo. À travers YOKA INFOS, il promeut un journalisme rigoureux, vérifié et accessible, au service de l’intérêt public.

