
L’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, a quitté la salle d’audience de la Cour de cassation ce lundi 27 juillet 2028 à Kinshasa, lors des débats préliminaires dans l’affaire portant sur des présumés détournements de fonds destinés à la construction de la prison de Kisangani. Avant son départ, il a dénoncé ce qu’il qualifie de « complot politique » dirigé contre sa personne et affirmé disposer de preuves pour étayer ses accusations.
Prenant la parole devant les juges, Constant Mutamba a contesté le déroulement de la procédure, estimant que les droits de sa défense n’étaient pas respectés. « Nous ne sommes pas venus cautionner des complots politiques. Si tel est le cas, faites-le sans moi. La Cour doit respecter les droits de la défense. Il y a un complot qui est monté contre moi et j’ai des preuves », a-t-il déclaré, avant de quitter l’audience.
À l’extérieur de la salle, l’ancien garde des Sceaux est revenu sur ce qu’il considère comme un acharnement judiciaire. Il a notamment affirmé que ses adversaires avaient rouvert le dossier lié au Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO), avant d’ouvrir une nouvelle procédure contre lui.
« Ils se sont décidés de ressurgir un dossier qui avait déjà été clôturé, le dossier FRIVAO (…). Alors qu’ils n’ont pas réussi leur plan, ils se sont mis à me transformer en prévenu en ouvrant rapidement un autre dossier devant la Cour de cassation. Mais c’est extrêmement grave. Par quelle magie ? », a-t-il déclaré devant la presse.
Constant Mutamba est poursuivi dans une affaire de présumé détournement de fonds publics destinés à la construction de la prison de Kisangani. Les accusations portées contre lui sont examinées par la Cour de cassation, compétente pour juger les anciens membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.
L’audience de ce lundi s’est déroulée dans un climat de tension, marqué par le départ de l’ancien ministre avant la poursuite des débats. À ce stade de la procédure, la Cour ne s’est pas prononcée sur le fond du dossier, tandis que les allégations de « complot politique » avancées par Constant Mutamba relèvent de sa ligne de défense et n’ont pas été établies par une décision de justice.
Par : Abdoul ULAFIA
