

Le gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito Gambu, s’oppose à la tenue de la marche pacifique annoncée ce mercredi 9 septembre à Isiro et à la journée « ville morte » prévue jeudi 10 septembre dans la province. Dans un communiqué daté du mardi 8 septembre 2026, consulté par l’équipe rédactionnelle de Yoka Infos, l’autorité provinciale invoque notamment le contexte sécuritaire et la situation sanitaire liée à l’épidémie d’Ebola.
La Synergie de la Société civile du Haut-Uélé et le Conseil provincial de la jeunesse (CPJ) avaient annoncé ces deux actions pour dénoncer la dégradation de la situation sécuritaire et interpeller les autorités sur la protection des populations. La marche devait se tenir à Isiro le 9 septembre, avant une journée « ville morte » le lendemain.
Dans sa correspondance adressée aux différents responsables provinciaux et aux structures concernées, Jean Bakomito Gambu accuse réception d’une lettre datée du 7 septembre. Il relève toutefois que cette correspondance « ne permet pas d’établir avec suffisamment de précision l’identité, la qualité et le mandat de ses signataires », ainsi que, le cas échéant, la personnalité juridique et la qualité de représentation des structures au nom desquelles ils déclarent agir, peut-on lire dans le document.
Au-delà de ces réserves sur les auteurs de la correspondance, le gouverneur met surtout en avant les circonstances actuelles dans la province.
« Au regard du contexte sécuritaire actuel, auquel s’ajoute la situation sanitaire particulièrement préoccupante liée à l’épidémie de la maladie à virus Ebola, les conditions ne sont pas réunies pour permettre l’organisation de manifestations publiques susceptibles de favoriser des rassemblements importants », écrit-il.
La province du Haut-Uélé reste effectivement confrontée à l’épidémie d’Ebola, déclarée officiellement en juillet après la confirmation de cas dans la zone de santé de Wamba. La situation demeure suivie dans plusieurs zones de santé, tandis que les autorités sanitaires poursuivent les opérations de prise en charge, de vaccination et de sensibilisation.
Cette décision intervient également dans un contexte sécuritaire qui préoccupe les organisations citoyennes. Celles-ci avaient notamment présenté leur mobilisation comme une démarche pacifique destinée à demander des réponses aux autorités face aux problèmes d’insécurité à Isiro et dans la province.
Dans son document, le chef de l’exécutif provincial assure néanmoins que le gouvernement provincial et le comité provincial de sécurité restent « pleinement engagés à œuvrer au renforcement de la protection des personnes et de leurs biens ».
La décision du gouverneur intervient donc à la veille de la mobilisation annoncée par la Société civile et le CPJ. Elle place désormais les autorités provinciales et les organisateurs face à la nécessité de privilégier le dialogue sur les revendications sécuritaires, tout en tenant compte des contraintes sanitaires liées à Ebola.
Pour les organisateurs, les préoccupations liées à l’insécurité restent au cœur de la démarche. Pour le gouvernement provincial, la priorité immédiate demeure la protection des populations dans un contexte où les rassemblements importants sont considérés comme incompatibles avec les mesures de prévention liées à l’épidémie.
Source : YOKA INFOS

Journaliste – Directeur de publication – Fondateur de YOKA INFOS
Raphaël ULAFIA ABDOUL est journaliste, directeur de publication et fondateur de YOKA INFOS. Licencié en droit, il assure la direction éditoriale du média et coordonne les activités de la rédaction. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo. À travers YOKA INFOS, il promeut un journalisme rigoureux, vérifié et accessible, au service de l’intérêt public.

