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19 juin 2026
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Une semaine après les manifestations de l’opposition organisées à Kinshasa, les Nations unies remettent en question le bilan avancé par les autorités congolaises. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme évoque au moins un mort et plusieurs dizaines de blessés, tout en appelant à une enquête indépendante et transparente.

Le débat autour des événements survenus lors de la manifestation de l’opposition du 12 juin dernier à Kinshasa continue de susciter des réactions au niveau national et international. Dans un communiqué rendu public jeudi 18 juin, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé sa préoccupation face aux violences enregistrées lors de cette mobilisation politique organisée par la coalition C64.

Par la voix de son porte-parole, Seif Magango, l’ONU affirme qu’au moins une personne a perdu la vie et que 38 autres ont été blessées au cours des affrontements qui ont opposé manifestants et forces de l’ordre aux abords du Palais du Peuple.

« Il est préoccupant qu’au moins un manifestant ait été tué et au moins 38 autres blessés lors de la manifestation du 12 juin, dont quatre dirigeants de l’opposition », a déclaré le Haut-Commissariat aux droits de l’homme.

Cette évaluation contraste avec la version présentée par les autorités congolaises. Le gouvernement provincial de Kinshasa avait indiqué qu’aucun décès n’avait été enregistré, tout en reconnaissant l’existence de blessés ainsi que d’importants dégâts matériels. De son côté, l’opposition avait dénoncé un bilan plus lourd, évoquant plusieurs victimes et des actes de répression contre les participants à la marche.

Face à ces divergences, l’ONU insiste sur la nécessité d’établir les faits de manière objective. Volker Türk a rappelé que les autorités ont l’obligation de garantir le droit à la réunion pacifique et de veiller à ce que l’usage de la force par les services de sécurité demeure conforme aux normes internationales.

« Tout recours à la force par les forces de l’ordre doit être un dernier recours et respecter pleinement les limites que lui impose le droit international des droits de l’homme », souligne le communiqué.

L’organisation onusienne a toutefois salué l’annonce faite par les autorités congolaises concernant l’ouverture d’une enquête sur les incidents. Elle estime néanmoins que celle-ci devra être menée dans le respect des principes d’indépendance, d’impartialité et de transparence afin de permettre l’établissement des responsabilités.

Cette démarche rejoint les initiatives déjà engagées par le gouvernement. Le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a récemment adressé plusieurs correspondances aux responsables des partis politiques impliqués dans l’organisation de la manifestation ainsi qu’à certaines institutions, notamment la CENCO et le CNSA. L’objectif affiché est de recueillir des informations susceptibles de contribuer à la manifestation de la vérité.

Au-delà de l’enquête en cours, les Nations unies appellent les autorités congolaises à garantir pleinement les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique à l’approche des prochaines échéances politiques. Pour l’ONU, la gestion des manifestations publiques constitue un indicateur important du respect des droits fondamentaux dans un contexte démocratique.

Alors que les versions des différents acteurs continuent de diverger sur le bilan exact des violences du 12 juin, les conclusions des enquêtes annoncées seront particulièrement attendues. Elles devront permettre de faire la lumière sur les circonstances des incidents et de répondre aux nombreuses interrogations qui persistent autour de cette journée de tensions dans la capitale congolaise.

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