

Olivier Kamitatu conteste l’idée selon laquelle son séjour à l’étranger relèverait d’un « auto-exil » et affirme avoir été contraint de quitter la République démocratique du Congo dans un contexte de pressions politiques. Le directeur de cabinet de Moïse Katumbi accuse par ailleurs le pouvoir de vouloir favoriser une opposition qu’il juge « complaisante ».
Invité samedi dans un Space live organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Olivier Kamitatu est revenu sur les circonstances de son départ de la RDC et sur les raisons pour lesquelles il refuse l’expression « auto-exilé ».
L’ancien ministre affirme notamment que la confiscation de son passeport diplomatique à l’aéroport de N’djili a constitué l’un des éléments ayant contribué à sa décision de quitter le pays.
« Pourquoi m’a-t-on arraché mon passeport diplomatique à N’djili, alors que tous les autres anciens chefs de corps y ont droit ? Pourquoi me l’a-t-on arraché ? », s’est-il interrogé, estimant que cette décision devait être expliquée par les autorités.
Kamitatu évoque également des pressions qu’il dit avoir subies pendant la période électorale. Selon son récit, des militaires seraient intervenus dans certaines opérations d’enrôlement, avec des menaces, ce qui l’aurait poussé à anticiper ce qu’il présentait comme une situation dangereuse.
Le responsable politique rejette ainsi l’idée d’un départ volontaire motivé par une volonté personnelle de rester à l’étranger. Interrogé sur la notion d’« auto-exilé », il a notamment répondu :
« C’est quoi, l’auto-exilé ? […] Je pense que le pouvoir sait très bien qui il veut voir comme opposant complaisant, et je ne fais pas partie de l’opposition choisie par le pouvoir. »
Dans la même intervention, Olivier Kamitatu a dénoncé ce qu’il considère comme une pression exercée sur plusieurs figures de l’opposition. Il a cité notamment Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary et Nathanaël Onokomba, qu’il affirme être emprisonnés.
« Quand on déplaît, on vous poursuit, on vous arrête. Pour un opposant, c’est l’exil ou la prison », a-t-il déclaré.
Ces accusations interviennent dans un contexte politique marqué par de fortes tensions entre le pouvoir et plusieurs acteurs de l’opposition. Kamitatu estime que son cas doit être compris dans cette dynamique plus large et rejette toute présentation de son séjour à l’étranger comme un choix purement personnel.
Ses déclarations interviennent également après la restitution de son passeport, un épisode sur lequel il s’était déjà exprimé en réclamant d’autres mesures en faveur de l’apaisement politique.
À travers cette nouvelle sortie, le proche de Moïse Katumbi maintient donc sa critique du pouvoir et affirme vouloir poursuivre son engagement politique malgré son séjour à l’étranger. Les accusations formulées restent toutefois celles d’Olivier Kamitatu et n’ont pas été accompagnées, dans les éléments disponibles, d’une réponse des autorités aux différents griefs évoqués.

Journaliste – Directeur de publication – Fondateur de YOKA INFOS
Raphaël ULAFIA ABDOUL est journaliste, directeur de publication et fondateur de YOKA INFOS. Licencié en droit, il assure la direction éditoriale du média et coordonne les activités de la rédaction. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo. À travers YOKA INFOS, il promeut un journalisme rigoureux, vérifié et accessible, au service de l’intérêt public.

