
Le conseiller communal élu de Kananga, Benoît Belangenyi Tshitenge, a dénoncé, ce dimanche 26 juillet 2026, la multiplication des constructions sur plusieurs sites érosifs de la ville, pourtant aménagés pour lutter contre les ravines. Il appelle le gouvernement provincial du Kasaï Central à intervenir rapidement afin de préserver ces ouvrages et d’éviter une nouvelle dégradation à l’approche de la saison des pluies.
Face à la presse, l’élu communal a exprimé sa préoccupation concernant l’occupation progressive de plusieurs espaces considérés comme sensibles sur le plan environnemental. Selon lui, ces sites, qui ont bénéficié d’importants travaux de stabilisation financés par l’État, sont aujourd’hui menacés par des constructions qu’il juge incompatibles avec leur vocation.
Benoît Belangenyi cite notamment le site de l’Hygiène publique, où des ouvrages de lutte anti-érosive réalisés par le Fonds national d’entretien routier (FONER) seraient exposés à de nouveaux risques en raison de constructions entreprises malgré un communiqué du bourgmestre interdisant toute occupation.

« Le gouvernement de la République engage beaucoup de moyens par rapport à la lutte anti-érosive. Mais le constat que je viens de faire en tant qu’élu communal, tous les sites qu’on est en train de maîtriser sont spoliés et le dernier en question, c’est le site communément appelé Hygiène publique », a-t-il déclaré.
L’élu évoque également les sites de Lumière des Nations et d’Oasis vers Bakole, où des arbres, notamment des eucalyptus plantés pour contribuer à la stabilisation des sols, auraient été coupés afin de faciliter de nouvelles occupations. Pour lui, ces pratiques compromettent les efforts consentis pour protéger la ville contre l’avancée des érosions.

Au-delà du constat, Benoît Belangenyi affirme que les personnes impliquées dans ces occupations ne seraient pas de simples particuliers. Il met en cause des responsables censés veiller à la protection du patrimoine public.
« Le constat très amer, c’est que lorsque nous suivons de plus près ceux qui achètent, ce ne sont pas des citoyens lambda. Ce sont les gens qui sont censés gérer les patrimoines de l’État, gérer les espaces publics de l’État », a-t-il soutenu.
La ville de Kananga est régulièrement confrontée au phénomène des érosions, qui menace les habitations, les infrastructures routières ainsi que plusieurs équipements publics. Au cours des dernières années, des investissements importants ont été réalisés par les autorités et leurs partenaires pour stabiliser certains sites jugés prioritaires et limiter les dégâts causés par les fortes pluies.
À quelques semaines du début de la saison pluvieuse, le conseiller communal appelle le gouvernement provincial à faire respecter les mesures d’interdiction d’occupation des zones à risque et à prendre des dispositions pour préserver les ouvrages existants. Selon lui, une réaction rapide des autorités permettrait d’éviter que les investissements publics consacrés à la lutte anti-érosive ne soient réduits à néant et de protéger durablement les populations vivant à proximité de ces sites sensibles.
Par : Doly MUNTU/Kananga
