

Trois okapis, deux mâles et une femelle, sont actuellement conservés à la station de la Réserve de faune à okapis (RFO) d’Épulu, dans le territoire de Mambasa, en Ituri. Leur présence s’inscrit dans les efforts de conservation de cette espèce emblématique de la République démocratique du Congo, alors que la réserve reste confrontée à d’importants défis sécuritaires.
L’évolution des activités de conservation a été présentée vendredi 11 septembre au gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo Mulumba, lors de sa visite à Épulu. L’autorité provinciale a notamment visité les okapis gardés en captivité et échangé avec les responsables de la réserve sur les difficultés auxquelles le site est confronté.
Selon les informations disponibles auprès des responsables de la RFO, les trois okapis deux mâles et une femelle sont en captivité à la station d’Épulu depuis environ un an et demi. Leur conservation participe aux efforts visant à préserver une espèce endémique de la RDC, particulièrement emblématique de la forêt de l’Ituri.
Mais la protection de ces animaux ne se limite pas aux questions liées à leur conservation en captivité. La sécurité de la réserve demeure une préoccupation majeure, dans un contexte marqué par l’activisme de groupes armés dans le territoire de Mambasa.
Lors de la visite du gouverneur, les responsables de la réserve ont notamment alerté sur la menace persistante des ADF. Emmanuel Balemba, directeur adjoint du site, a indiqué que les échanges avaient porté sur les différents défis auxquels la RFO est confrontée.
« Nous avons eu le moment d’échanger sur les différents défis. L’autorité provinciale a promis de s’impliquer et de suivre de près la situation sécuritaire », a-t-il déclaré.
Le gouverneur militaire a, de son côté, promis de renforcer son implication dans la sécurisation de cette aire protégée, condition importante pour permettre aux activités de conservation de se poursuivre dans de meilleures conditions. La RFO d’Épulu a déjà été affectée par des violences armées par le passé, avec notamment le massacre de plusieurs okapis attribué au groupe Maï-Maï Morgan.
La pression sur la faune ne provient toutefois pas uniquement de l’insécurité. Fin juillet, les autorités provinciales avaient décidé de suspendre les activités de chasse et de piégeage dans la réserve du 1er août au 30 novembre, afin de favoriser la reconstitution des populations animales et de protéger les espèces menacées.
Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la Réserve de faune à okapis demeure confrontée à plusieurs menaces, notamment l’insécurité et certaines activités illégales qui affectent son intégrité. L’UNESCO appelle d’ailleurs à renforcer les efforts de conservation et la collaboration avec les forces de défense et les partenaires régionaux.
À Épulu, la conservation des trois okapis constitue ainsi l’un des volets d’un enjeu plus large, assurer la protection durable d’un patrimoine naturel exceptionnel dans une zone où la sécurité reste déterminante. La visite du gouverneur ouvre désormais la voie à un suivi renforcé des mesures destinées à préserver la réserve et ses espèces emblématiques.
Source : YOKA INFOS

Correspondant de YOKA INFOS à Bunia
Delphin ANECO est correspondant de YOKA INFOS à Bunia. Il couvre l’actualité politique, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo, avec une attention particulière portée aux enjeux de la province de l’Ituri.

