
La ville de Butembo, au Nord-Kivu, a vécu ce lundi 27 juillet 2026 au rythme du souvenir, quatre ans après les manifestations anti-MONUSCO qui avaient fait plusieurs victimes. Une journée de commémoration, ponctuée par une messe, une procession et des moments de recueillement, a entraîné un ralentissement des activités dans plusieurs quartiers de la ville.
Les cérémonies ont débuté dans la matinée par une messe de suffrage célébrée à la cathédrale Mater Ecclesiae de Butembo. Familles des victimes, fidèles, mouvements citoyens et représentants de groupes de pression s’y sont réunis pour rendre hommage aux personnes décédées lors des événements du 26 juillet 2022, qui avaient marqué l’histoire récente de la ville.
À l’issue de la célébration religieuse, les participants ont organisé une procession en direction du cimetière de Kitatumba. Sur place, un moment de recueillement ainsi qu’une cérémonie de dépôt de gerbes ont été prévus en mémoire des victimes.
Le passage du cortège a toutefois eu des répercussions sur le fonctionnement habituel de la ville. Dans plusieurs quartiers, des commerçants ont fermé leurs boutiques à l’appel de certains manifestants, tandis que la circulation a été perturbée sur plusieurs axes, entraînant un ralentissement des activités socio-économiques à partir de la mi-journée.
Au-delà de l’hommage rendu aux disparus, cette journée a également ravivé les revendications portées depuis plusieurs années par les familles des victimes. Celles-ci continuent de réclamer que toute la lumière soit faite sur les violences survenues lors des manifestations de juillet 2022 et demandent des réparations en faveur des personnes affectées.
Pour les organisateurs, cette commémoration constitue un devoir de mémoire, mais aussi un rappel des engagements qui, selon eux, restent à concrétiser. Les événements de juillet 2022 avaient profondément secoué Butembo ainsi que d’autres villes de l’est de la République démocratique du Congo, dans un contexte de fortes tensions autour de la présence de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO).
Quatre ans après ces manifestations, le souvenir des victimes demeure vivace au sein de la population. Les participants à cette journée de recueillement espèrent que cette mémoire collective contribuera à renforcer les efforts en faveur de la justice, de la paix et de la protection des populations civiles, afin que de tels drames ne se reproduisent plus.
Par : Delphin ANECO
