

L’opposant Martin Fayulu a réaffirmé samedi 22 août 2026, à Paris, sa position sur l’avenir politique de la République démocratique du Congo, devant des membres de la diaspora congolaise. Il a notamment déclaré que Félix Tshisekedi devait quitter le pouvoir en 2028, tout en critiquant les discussions engagées entre Kinshasa et l’AFC/M23 ainsi que la perspective d’un dialogue national.
Au cours de cette rencontre avec la diaspora, le président de l’ECiDé a été interrogé sur sa position face au dialogue national annoncé par le pouvoir et sur l’éventualité d’une nouvelle confiance à accorder au chef de l’État.
Martin Fayulu a plutôt orienté sa réponse vers les discussions menées entre les autorités congolaises et l’AFC/M23 en Suisse.
« Que faisaient le gouvernement congolais et l’AFC/M23 en Suisse ? », s’est-il interrogé, faisant référence aux pourparlers engagés entre les deux parties.
La participation de l’AFC/M23 et de l’ancien président Joseph Kabila dans le processus politique envisagé a également été évoquée au cours des échanges. Fayulu estime que les acteurs impliqués dans la crise congolaise doivent être pris en compte dans toute démarche visant à rechercher une issue politique.
L’opposant est ensuite revenu sur les événements politiques de 2018, qu’il considère toujours comme l’une des origines de la crise actuelle. Il a notamment mis en cause l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Corneille Nangaa, aujourd’hui à la tête de l’AFC, ainsi que Joseph Kabila.
« Nangaa, s’il n’avait pas falsifié les résultats, est-ce qu’on serait là ? Si Kabila n’avait pas dit que Fayulu est imbuvable, est-ce qu’on serait là ? », a déclaré Martin Fayulu devant la diaspora.
Ces déclarations s’inscrivent dans la continuité de sa contestation des résultats de la présidentielle de décembre 2018, remportée officiellement par Félix Tshisekedi. Fayulu avait alors contesté ces résultats et revendiqué la victoire.
Mais c’est surtout la perspective de 2028 qui a marqué son intervention à Paris. Interrogé sur l’avenir politique de Félix Tshisekedi, l’opposant a adopté une position sans ambiguïté : « Élections ou pas, en 2028 Félix Tshisekedi doit partir. »
Cette déclaration intervient alors que les discussions sur l’avenir institutionnel de la RDC prennent place dans un contexte marqué à la fois par la crise sécuritaire dans l’Est et par les démarches visant à favoriser un règlement politique du conflit.
La position exprimée à Paris confirme ainsi que Martin Fayulu entend maintenir une ligne d’opposition ferme à l’égard du pouvoir de Félix Tshisekedi, tout en continuant à faire de la question électorale et de la légitimité politique des institutions un axe majeur de son discours.
À l’approche de 2028, sa déclaration place déjà l’alternance au centre du débat politique, alors que les discussions sur le dialogue national et le processus de paix avec l’AFC/M23 continuent d’alimenter les débats au sein de la classe politique congolaise.

Journaliste – Directeur de publication – Fondateur de YOKA INFOS
Raphaël ULAFIA ABDOUL est journaliste, directeur de publication et fondateur de YOKA INFOS. Licencié en droit, il assure la direction éditoriale du média et coordonne les activités de la rédaction. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo. À travers YOKA INFOS, il promeut un journalisme rigoureux, vérifié et accessible, au service de l’intérêt public.

