
La riposte contre la maladie à virus Ebola se poursuit dans la province de la

La riposte contre la maladie à virus Ebola se poursuit dans la province de la Tshopo avec un taux de suivi des contacts de 99,6 %, alors que les équipes sanitaires renforcent parallèlement la surveillance et la prise en charge. La situation reste toutefois marquée par des résistances au sein de certaines communautés, notamment autour du dépistage, des prélèvements post-mortem et de l’acceptation de certaines mesures de riposte.
Ces éléments ressortent du point de situation présenté ce vendredi 21 août 2026 au bureau provincial du ministère de la Santé de la Tshopo, à Kisangani, au cours d’une réunion réunissant les autorités sanitaires et les différents partenaires engagés dans la réponse à l’épidémie.
Présentant l’évolution de la situation, le Dr Raymond Mbaya, chargé des opérations a.i. de la riposte, a fait état d’un suivi de 486 contacts sur 488 identifiés, soit un taux de 99,6 %. Ce niveau de surveillance constitue l’un des principaux indicateurs du dispositif de riposte, puisqu’il permet aux équipes de détecter rapidement l’apparition éventuelle de symptômes chez les personnes exposées.
Le rapport fait également état de 55 alertes, dont 25 enregistrées au cours de la journée précédente. Les équipes poursuivent leur investigation afin d’identifier les situations nécessitant une prise en charge ou un transfert vers un centre spécialisé.

Sur le volet de la prise en charge, trois nouvelles admissions ont été enregistrées au Centre de traitement Ebola (CTE), portant à six le nombre de patients hospitalisés au moment de la présentation du bilan, dont trois cas confirmés et trois cas suspects. Le point de situation mentionne également quatre personnes guéries, déjà sorties de prise en charge.
Une évolution jugée encourageante concerne par ailleurs le transfert des cas suspects. Le nombre de suspects investigués puis orientés vers le CTE est passé de zéro à quatre au cours des dernières 48 heures, signe, selon les équipes, d’un renforcement de la détection et de l’orientation des personnes présentant des signes compatibles avec la maladie.
La surveillance ne se limite cependant pas aux structures de soins. Les équipes travaillent également à améliorer la qualité des prélèvements, particulièrement dans les zones de santé éloignées. Des prestataires récemment formés ont déjà participé aux opérations, tandis que la riposte envisage de renforcer le réseau de points focaux chargés des prélèvements afin de réduire les échantillons non conformes.
Sur le plan préventif, 40 personnes sont actuellement sous traitement compassionnel, parmi lesquelles 33 membres du personnel exposés. Les structures sanitaires fréquentées par des patients ont également fait l’objet d’opérations de désinfection afin de réduire les risques de transmission.
La riposte bénéficie par ailleurs de nouveaux moyens logistiques. Un lot d’environ 1,1 tonne de médicaments a été réceptionné pour soutenir la prise en charge, même si les équipes déplorent l’absence d’équipements de protection individuelle dans cette dotation. Dix nouvelles motos ont également été mises à disposition, alors que les responsables de la riposte estiment que les besoins restent importants pour atteindre les zones de santé et les communautés les plus reculées.
Au principal point de contrôle situé au PK23, près de 2 218 personnes ont été contrôlées. Si la majorité a accepté les mesures de surveillance, quelques réticences au dépistage ont été signalées. Pour les équipes, cette situation rappelle l’importance de poursuivre la sensibilisation et de renforcer le dialogue avec les communautés.
C’est d’ailleurs l’un des principaux défis relevés lors de cette réunion. Des résistances persistent notamment autour des prélèvements post-mortem, alors que ces opérations sont importantes pour confirmer ou écarter une infection et mieux comprendre les chaînes de transmission. Les équipes de riposte souhaitent ainsi intensifier la communication communautaire afin d’obtenir une meilleure adhésion aux mesures sanitaires.

Cette problématique intervient dans un contexte où la Tshopo fait face depuis plusieurs semaines à une circulation du virus et à la nécessité de maintenir une surveillance étroite. Le suivi des contacts et la détection rapide des alertes restent essentiels pour éviter que de nouvelles chaînes de transmission ne s’installent. Les précédents points de situation avaient déjà fait état de difficultés liées aux rumeurs et à la résistance communautaire dans certaines zones touchées.
Les responsables de la riposte insistent également sur la nécessité de mieux organiser la recherche active des alertes et des contacts, encore jugée insuffisante par rapport aux attentes. Des équipes ont ainsi bénéficié d’un encadrement technique, notamment dans la gestion des données et l’accompagnement des équipes-cadres des zones de santé.
La dimension psychosociale n’est pas oubliée. Des entretiens et un accompagnement psychologique ont été proposés à un patient guéri afin de prévenir la stigmatisation et de faciliter son retour dans la communauté. Pour les équipes, l’acceptation progressive de la maladie par la population constitue aussi une étape importante de la réponse, à condition que les mesures de protection soient comprises et respectées.
Dans les établissements de soins, une évaluation de la prévention et du contrôle des infections a également été menée. Un plan de redressement doit permettre de corriger les insuffisances constatées dans certaines structures et de renforcer la sensibilisation des prestataires, particulièrement exposés lorsqu’ils prennent en charge des patients suspects ou confirmés.
Malgré les avancées enregistrées dans le suivi des contacts et le renforcement progressif des moyens de terrain, la riposte reste donc confrontée à plusieurs défis : accès aux zones reculées, qualité des prélèvements, recherche active des alertes, disponibilité des équipements de protection et surtout adhésion de certaines communautés.
Pour les équipes sanitaires et leurs partenaires, la poursuite de la surveillance épidémiologique doit ainsi aller de pair avec une communication de proximité. Dans cette lutte contre Ebola, la performance du dispositif médical dépend aussi de la capacité à gagner la confiance des communautés afin que les alertes soient signalées rapidement, que les contacts soient suivis et que les mesures de prévention soient effectivement respectées.

Journaliste – Directeur de publication – Fondateur de YOKA INFOS
Raphaël ULAFIA ABDOUL est journaliste, directeur de publication et fondateur de YOKA INFOS. Licencié en droit, il assure la direction éditoriale du média et coordonne les activités de la rédaction. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo. À travers YOKA INFOS, il promeut un journalisme rigoureux, vérifié et accessible, au service de l’intérêt public.

