8 octobre 2026
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La République démocratique du Congo entend inclure Goma et Bukavu dans le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2), malgré les difficultés liées à la situation sécuritaire dans l’Est. Le ministre du Plan, Guylain Nyembo, affirme que le gouvernement recourra, si nécessaire, à une approche hybride combinant le déploiement des agents sur le terrain et des technologies satellitaires.

Cette annonce intervient alors que la RDC relance, après 42 ans, le processus de recensement général de sa population. La cartographie censitaire, étape préparatoire au dénombrement proprement dit, a officiellement démarré mercredi 7 octobre 2026 et doit se poursuivre pendant un mois, jusqu’au 7 novembre.

Selon Guylain Nyembo, le dénombrement national reste prévu pour juillet 2027, tandis que la publication des résultats est annoncée pour décembre de la même année. Le ministre assure que le calendrier dispose encore d’une marge suffisante pour permettre la réalisation des différentes étapes préparatoires.

La situation dans l’Est constitue toutefois l’un des principaux défis de cette opération. Le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri regroupent plus de 32 000 aires de dénombrement, soit près d’un quart du total national, alors que certaines zones restent difficiles d’accès en raison de l’insécurité et de la persistance de l’épidémie d’Ebola.

Interrogé sur la possibilité de recenser Goma et Bukavu, actuellement sous contrôle de l’AFC/M23 selon le ministre, Guylain Nyembo assure que ces villes ne seront pas exclues du processus.

« Je pense qu’il n’y a pas de souci, à part que nous attendons que la situation d’Ebola continue de baisser. Je crois que nous serons dans les conditions de pouvoir le faire, y compris à Goma et à Bukavu », a-t-il déclaré.

Le ministre explique que l’approche privilégiée reste le déploiement classique des opérateurs sur le terrain. Mais si certaines zones demeurent inaccessibles, une méthode hybride pourrait être utilisée afin de compléter les données recueillies directement auprès des populations.

Cette approche pourrait notamment mobiliser des satellites de dernière génération. Guylain Nyembo précise toutefois qu’il ne s’agit pas simplement de compter les bâtiments visibles depuis l’espace. Les données satellitaires seraient combinées à d’autres techniques statistiques et scientifiques afin d’obtenir des estimations sur les populations vivant dans les zones concernées.

Le gouvernement veut également inclure les personnes déplacées internes dans le dénombrement. Selon le ministre, celles-ci seront comptées là où elles seront effectivement rencontrées au moment du recensement, avec l’appui des autorités locales et coutumières chargées de suivre les mouvements de population.

« Les déplacés seront donc aussi comptés », a assuré Guylain Nyembo, expliquant que les chefs de villages, de quartiers et de rues doivent contribuer à localiser les populations susceptibles de se déplacer entre la phase de cartographie et celle du dénombrement.

Le RGPH2 dispose d’un budget global annoncé de 192 millions de dollars, dont 30 millions déjà décaissés par l’État congolais. La Banque mondiale, la Banque africaine de développement, les Nations unies et d’autres partenaires accompagnent également le processus.

Le ministre rejette par ailleurs toute utilisation politique du recensement, alors que l’opération intervient à deux ans des élections prévues en 2028 et dans un contexte marqué par des débats sur la Constitution et le Dialogue national. Il insiste sur la distinction entre le RGPH2, l’identification menée par l’ONIP et le fichier électoral de la CENI.

Selon lui, ces trois processus restent indépendants, même si certaines collaborations peuvent permettre de mutualiser des ressources ou des expériences techniques.

Le RGPH2 constitue ainsi un chantier majeur pour la RDC, qui n’a plus organisé de recensement général depuis 1984. Sa réussite dépendra notamment de la capacité des autorités à achever la cartographie, recruter et former les agents recenseurs, mais aussi à couvrir les zones affectées par les conflits et les déplacements de populations.

À terme, les autorités espèrent disposer de données nationales actualisées pour améliorer la planification publique et orienter les politiques de développement sur la base d’informations démographiques plus précises.

Source : YOKA INFOS

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