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Pour sortir durablement de la crise institutionnelle que traverse la République démocratique du Congo, la priorité ne réside pas dans une révision de la Constitution, mais dans une meilleure gouvernance et une application rigoureuse des textes existants. C’est la conclusion défendue par Pierre Kasongo Botolwaso, chercheur de l’Université de Kisangani (UNIKIS), lors de la soutenance publique de son mémoire de Diplôme d’études supérieures (DES).

À l’Université de Kisangani, les réflexions sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo alimentent le débat académique. Jeudi 6 août 2026, Pierre Kasongo Botolwaso, diplômé d’études supérieures en philosophie politique à la Faculté des Lettres et sciences humaines, a présenté les résultats de son mémoire intitulé « De l’exercice du pouvoir politique en République démocratique du Congo : Réflexions pour un nouvel ordre institutionnel », un travail sanctionné par une grande distinction.

Au cœur de son analyse, le chercheur remet en question l’idée selon laquelle une réforme constitutionnelle constituerait la réponse aux difficultés institutionnelles du pays. Pour lui, les principaux défis résident davantage dans la manière dont les institutions fonctionnent et dans le comportement des dirigeants.

« L’essentiel n’est pas de modifier ou de réadapter la Constitution, mais de disposer d’hommes capables de conduire le pays vers un progrès total. La RDC dispose d’un cadre juridique suffisant, mais la crise persiste en raison d’un manque d’application des textes », a-t-il déclaré au terme de sa soutenance.

S’appuyant sur une analyse de la crise politique, économique et institutionnelle que traverse la RDC, Pierre Kasongo propose un modèle fondé sur le polycentrisme, une approche qui vise à rapprocher les centres de décision des provinces afin de réduire la forte concentration du pouvoir au niveau de la capitale. Selon lui, une gouvernance davantage décentralisée permettrait d’améliorer l’efficacité de l’action publique et de mieux répondre aux réalités locales.

Le chercheur plaide également pour une redynamisation des mécanismes africains de résolution des conflits. À ses yeux, la palabre africaine demeure un outil pertinent pour renforcer le dialogue politique, à condition qu’elle soit utilisée dans un esprit d’intérêt général.

« Le dialogue ne doit pas être une simple formalité politique. Il ne prend son sens que si les acteurs se dépouillent de leurs intérêts particuliers pour privilégier l’intérêt supérieur de la nation », a-t-il soutenu.

Au-delà de sa portée académique, ce travail intervient dans un contexte de débats récurrents sur les réformes institutionnelles en République démocratique du Congo. Il s’inscrit également dans la phase de transition de l’enseignement supérieur congolais, marquée par la disparition progressive du régime des Diplômes d’études approfondies et supérieures (DEA/DES) au profit des Écoles doctorales prévues par la réforme Licence-Master-Doctorat (LMD).

En proposant une réflexion axée sur la qualité de la gouvernance plutôt que sur une modification des textes fondamentaux, Pierre Kasongo Botolwaso entend enrichir le débat sur l’avenir institutionnel de la RDC. Ses conclusions rappellent que, pour de nombreux chercheurs, la consolidation de l’État passe autant par le respect des lois et la responsabilité des dirigeants que par l’architecture des institutions elles-mêmes.

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