IMG-20240619-WA0013-1024x683-1
img 20240619 wa0013 1024x683 16508001876825832398
Image d’illustration

Des mouvements de déplacement de populations sont observés depuis le début de la semaine sur l’axe Kambau–Njiapanda, dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu), après des alertes faisant état de mouvements présumés des rebelles des Allied Democratic Forces (ADF) dans le secteur de Bapere. La situation, qui suscite une vive inquiétude parmi les habitants, pousse de nombreuses familles à abandonner leurs villages pour rejoindre des zones jugées plus sûres.

Selon les informations recueillies auprès d’acteurs locaux, les déplacements ont débuté dans la nuit du dimanche 2 au lundi 3 août 2026. Des habitants de Kambau, Pawanza et d’autres localités environnantes ont quitté leurs domiciles pour se réfugier à Njiapanda, tandis que certains ont pris la direction de Butembo, considérée comme plus sécurisée.

À l’origine de cette psychose figurent des alertes évoquant des mouvements suspects d’hommes armés, présumés appartenir aux ADF, dans les environs de Maikengu, au sein du groupement Bapakombe, dans le secteur de Bapere. Ces informations ont ravivé les craintes des populations, déjà éprouvées par les violences récurrentes attribuées à ce groupe armé dans la région.

Face à cette situation, la société civile du secteur de Bapere appelle à un renforcement immédiat du dispositif sécuritaire. Son président, Kasereka Kagheni Samuel, estime que les autorités militaires doivent agir rapidement afin de prévenir de nouvelles attaques contre les civils.

« Nous appelons les autorités à voir comment renforcer les dispositifs sécuritaires. L’ennemi est en train de faire une ruse. Donc, nos services doivent être en alerte pour que l’ennemi ne puisse pas encore tuer la paisible population. Aussi, nos élus ; la population qui est en train de mourir constitue bien sûr une base électorale de ces élus. Il n’est pas question de se taire. Il est temps alors d’interpeller le ministre de tutelle afin qu’il puisse fournir des éclaircissements par rapport à la question ADF », a déclaré Kasereka Kagheni Samuel.

Le responsable de la société civile souligne également que ces nouveaux déplacements exposent davantage les populations à des conditions de vie précaires et à de nouveaux risques sécuritaires. Il invite les habitants à poursuivre leur collaboration avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) en signalant tout mouvement suspect observé dans leurs localités.

Ces déplacements interviennent quelques jours seulement après une attaque attribuée aux ADF à Makumo, dans le même groupement de Bapakombe. Selon les informations disponibles, cette incursion avait coûté la vie à une dizaine de civils, tandis que plusieurs habitations avaient été incendiées et des personnes prises en otage. De nombreuses familles déplacées vivent encore dans des familles d’accueil, en attendant une assistance.

La société civile rappelle par ailleurs avoir déjà alerté les autorités sur une recrudescence des activités des ADF dans plusieurs villages du secteur de Bapere, notamment à Mambau, Maakele, Makumo et Souma. Une précédente attaque, survenue dans la nuit du 21 au 22 juillet 2026, avait déjà fait plusieurs victimes et provoqué le déplacement de nombreux ménages.

Alors que les opérations militaires se poursuivent dans cette partie du Nord-Kivu, les acteurs locaux insistent sur la nécessité d’un renforcement des mesures de protection des civils afin de prévenir de nouvelles violences et de permettre aux populations déplacées de regagner leurs villages dans des conditions de sécurité.

Laisser un commentaire

error: Contenu protégé © YOKA INFOS – Reproduction interdite sans autorisation.