29 juillet 2026
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Le gouvernement congolais a rejeté l’ultimatum fixé par la Coalition Article 64 (C64) pour la convocation d’un dialogue national inclusif, estimant que le calendrier du président Félix Tshisekedi ne saurait être dicté par des pressions politiques. Kinshasa assure toutefois que l’engagement du chef de l’État à organiser ce dialogue sera bel et bien respecté, conformément aux priorités de l’État.

Lors d’un briefing presse tenu mardi 28 juillet à Kinshasa, le ministre de la Communication et des Médias, également porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a réaffirmé que le président de la République demeure déterminé à convoquer un dialogue national. Il a cependant insisté sur le fait que cette initiative sera menée selon le calendrier fixé par le chef de l’État, et non en réponse à une quelconque injonction de l’opposition.

« Le président de la République a son agenda. Le président de la République a son timing, son calendrier. Il a dit qu’il organiserait le dialogue. Il a également dit qu’il prendrait une ordonnance. L’agenda du président de la République ne répond pas à une quelconque forme d’ultimatum. L’agenda du président de la République répond aux impératifs de l’État », a déclaré Patrick Muyaya.

Cette mise au point intervient après la déclaration de la Coalition Article 64, qui avait accordé jusqu’au 15 août 2026 aux autorités pour officialiser la convocation du dialogue national. À l’issue des consultations menées par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), la plateforme avait suspendu ses manifestations de rue tout en avertissant qu’elle tirerait les conséquences d’une absence d’actes concrets au terme de ce délai.

Pour Patrick Muyaya, cette démarche relève davantage d’une stratégie politique que d’une nécessité institutionnelle. Le porte-parole du gouvernement a indiqué qu’il ne souhaitait pas alimenter cette polémique, préférant rappeler l’engagement déjà pris par le président de la République.

« Je présume qu’il s’agissait d’une initiative politicienne. Je préfère m’en tenir au fait que le président de la République, en tant que garant de la nation, a pris l’engagement d’engager le pays dans la voie du dialogue. Il fera les choses en son temps et fixera le cadre. Cela ne doit pas être présenté comme une réponse à un quelconque ultimatum », a-t-il ajouté.

Selon le ministre, la finalité du dialogue dépasse les clivages politiques. Il a souligné que cette initiative vise notamment à renforcer l’unité nationale face aux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté, en particulier dans l’Est de la République démocratique du Congo.

« Il existe ici un objectif essentiel : créer un front contre l’agression rwandaise. Et nous avançons vers cet objectif à travers l’initiative du dialogue voulue par le président de la République », a affirmé Patrick Muyaya.

L’annonce s’inscrit dans un contexte politique marqué par les discussions autour de la tenue d’un dialogue inclusif, mais également par les débats sur une éventuelle réforme constitutionnelle. Alors que l’opposition accuse la majorité de vouloir modifier la Constitution pour permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un nouveau mandat au-delà de la limite actuelle, le pouvoir continue de rejeter ces accusations.

Parallèlement, les efforts diplomatiques engagés pour rétablir la paix dans l’Est du pays, notamment à travers les processus de Washington et de Doha, peinent encore à produire des résultats concrets sur le terrain. Les affrontements persistent dans plusieurs zones, alimentant les appels à un consensus politique national pour faire face aux défis sécuritaires.

En réaffirmant que le dialogue national sera organisé sans céder aux pressions de la C64, le gouvernement entend maintenir sa ligne : respecter l’engagement pris par le chef de l’État tout en conservant la maîtrise du calendrier et des modalités de cette initiative, présentée comme un levier de cohésion nationale dans un contexte de crise sécuritaire et politique.

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