
L’Assemblée provinciale de la Tshopo a adopté, ce lundi 15 juin 2026, un édit encadrant l’organisation des funérailles et la gestion des sépultures. Initiée par son président, le Dr Mateus Kanga Londimo, cette réforme entend restaurer l’ordre public lors des obsèques tout en garantissant le respect dû aux défunts et aux familles endeuillées.
La province de la Tshopo veut désormais mettre un terme aux dérives qui accompagnent régulièrement certaines cérémonies funéraires. Réunis en séance plénière ce lundi 15 juin 2026 à Kisangani, les députés provinciaux ont adopté un nouvel édit destiné à réglementer les sépultures, les cortèges funèbres ainsi que l’ensemble des activités liées aux obsèques.
Selon les informations consultées par la rédaction de Yoka Infos, ce texte a été porté par le président de l’Assemblée provinciale, le Dr Mateus Kanga Londimo, qui estime que le secteur funéraire nécessite un encadrement plus rigoureux afin de préserver à la fois la dignité humaine et la tranquillité publique.
Au fil des années, plusieurs enterrements ont donné lieu à des situations préoccupantes dans la ville de Kisangani et dans certaines entités de la province. Barricades érigées sur les routes, perturbations de la circulation, nuisances sonores prolongées, affrontements entre groupes de jeunes et dégradations de biens publics ou privés ont souvent été signalés lors de certaines cérémonies.
Pour les autorités provinciales, ces pratiques s’éloignent de l’esprit de recueillement qui devrait caractériser les funérailles et constituent parfois une menace pour la sécurité des personnes.
Le nouvel édit établit ainsi des règles précises applicables depuis le constat du décès jusqu’à l’inhumation. Il encadre notamment le transport des dépouilles mortelles, l’organisation des veillées, les cortèges funéraires, la gestion des cimetières ainsi que le respect des normes sanitaires.
Parmi les innovations majeures figurent l’interdiction formelle des barricades sur les voies publiques et de tout comportement susceptible de troubler l’ordre public. Le texte prévoit également des sanctions contre les personnes qui enfreindraient ces dispositions.
Autre mesure importante : la limitation des nuisances sonores. Les manifestations bruyantes liées aux cérémonies funéraires seront désormais interdites entre minuit et six heures du matin afin de préserver le repos des riverains et de garantir le respect des droits des autres citoyens.
Pour le Dr Mateus Kanga Londimo, cette réforme répond à une préoccupation de plus en plus partagée au sein de la population. Elle vise à réconcilier le respect des traditions avec les exigences de la vie moderne, notamment dans les zones urbaines où la densité de population rend nécessaire une meilleure organisation des rassemblements publics.
Le président de l’Assemblée provinciale estime également que les difficultés observées dans la Tshopo ne sont pas propres à cette seule province. Selon lui, plusieurs provinces de la RDC sont confrontées à des réalités similaires, ce qui justifie une réflexion plus large sur l’encadrement du secteur funéraire à l’échelle nationale.
L’édit adopté n’entrera toutefois pas immédiatement en application. Son entrée en vigueur est prévue trois mois après sa promulgation par le gouverneur de province. Un délai supplémentaire de six mois sera consacré à la sensibilisation de la population, des autorités locales, des confessions religieuses et des organisations de la société civile afin de faciliter son appropriation.
À travers cette réforme, l’Assemblée provinciale de la Tshopo entend instaurer un nouveau cadre de référence pour les cérémonies funéraires, conciliant respect des coutumes, ordre public et dignité humaine. Pour ses initiateurs, il s’agit avant tout d’éviter que des moments de deuil ne se transforment en sources de tensions ou de troubles au sein de la communauté.
