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Le gouvernement congolais rejette les nominations effectuées par l’AFC/M23 à la tête de dix établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et Bukavu. Dans un communiqué publié lundi 10 août 2026, le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation qualifie ces décisions d’illégales et affirme qu’elles sont « nulles et dépourvues de tout effet juridique ou administratif ».

À Goma, quatre établissements sont concernés par les nominations annoncées par l’AFC/M23 : l’Institut Supérieur de Commerce (ISC-Goma), l’Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM-Goma), l’Institut Supérieur des Techniques Appliquées (ISTA-Goma) et l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP-Goma).

À Bukavu, six autres établissements figurent dans la décision : l’ISC-Bukavu, l’ISTM-Bukavu, l’ISP-Bukavu, l’Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR-Bukavu), l’Institut Supérieur des Arts et Métiers (ISAM-Bukavu) ainsi que l’Université Officielle de Bukavu (UOB).

Selon le ministère, l’AFC/M23 justifie ces nominations par la nécessité de pourvoir les postes vacants au sein des comités de gestion et d’assurer le fonctionnement des établissements situés dans les zones sous son contrôle.

Le gouvernement congolais estime toutefois qu’un mouvement armé ne peut se substituer aux institutions légalement établies de la République dans la gestion des établissements publics d’enseignement supérieur.

Le ministère rappelle ainsi que les comités de gestion régulièrement investis restent en fonction et conservent l’ensemble de leurs prérogatives. Il prévient également que toute personne qui tenterait de mettre en œuvre ces nominations ou d’y apporter son concours s’expose aux sanctions prévues par la législation congolaise.

Cette position s’appuie, selon Kinshasa, sur le principe selon lequel l’occupation temporaire d’une partie du territoire national ne confère ni souveraineté, ni compétence administrative ou pouvoir de nomination à une structure dépourvue de légitimité institutionnelle.

Face à cette situation, le ministère de l’Enseignement supérieur dit vouloir préserver les droits des étudiants, enseignants, chercheurs et personnels administratifs concernés, tout en maintenant la continuité du service public de l’enseignement supérieur.

Il appelle par ailleurs la communauté universitaire du Nord-Kivu et du Sud-Kivu à rester vigilante et attachée aux institutions de la République.

Ces nominations interviennent dans un contexte où l’AFC/M23 exerce son contrôle sur plusieurs zones de l’Est de la RDC. Pour Kinshasa, cette nouvelle démarche constitue une tentative d’extension de l’administration de fait à des secteurs relevant des institutions nationales.

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