
L’adoption au Sénat de la proposition de loi portant organisation du référendum continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise.
Le sénateur Salomon Idi Kalonda estime que le contexte actuel ne se prête pas à une telle initiative et appelle le président Félix Tshisekedi à privilégier le dialogue pour préserver la stabilité du pays.Le débat autour de la loi sur le référendum prend de l’ampleur en République démocratique du Congo.
Quelques heures après son adoption par le Sénat, le texte fait déjà l’objet de critiques de la part de plusieurs acteurs politiques, parmi lesquels le sénateur Salomon Idi Kalonda, élu de la province du Haut-Katanga.
Dans une prise de position rendue publique ce lundi, le sénateur a exprimé ses réserves quant à l’opportunité de cette réforme dans le contexte actuel. Selon lui, les priorités nationales devraient être orientées vers la résolution des défis auxquels le pays est confronté, notamment sur les plans sécuritaire, économique et social.
Pour Salomon Idi Kalonda, l’adoption de cette loi risque d’alimenter davantage les tensions politiques à un moment où la RDC fait face à de multiples crises nécessitant une mobilisation collective. Il appelle ainsi le Chef de l’État à ne pas promulguer le texte et à privilégier une approche fondée sur le consensus.
« La situation que traverse notre pays ne justifie pas une remise en cause du pacte républicain », soutient le sénateur, qui estime qu’un débat aussi sensible mérite une large concertation entre les différentes composantes de la nation.
Cette réaction intervient alors que les discussions autour d’un éventuel changement constitutionnel divisent profondément la classe politique congolaise.
D’un côté, les partisans de la réforme affirment que la loi sur le référendum vise simplement à encadrer un mécanisme prévu par la Constitution. De l’autre, plusieurs opposants considèrent ce texte comme une étape susceptible d’ouvrir la voie à une révision de certaines dispositions constitutionnelles.
Dans son argumentaire, Salomon Idi Kalonda insiste sur la nécessité de préserver les acquis démocratiques obtenus au fil des années. Il plaide pour un dialogue inclusif capable de renforcer la cohésion nationale plutôt que d’engager le pays dans un débat qu’il juge potentiellement source de divisions.
Au-delà de la controverse politique, cette prise de position reflète les inquiétudes exprimées par une partie de l’opinion publique concernant l’évolution du processus. Plusieurs organisations de la société civile et acteurs politiques continuent d’appeler à la prudence et à la transparence sur les intentions réelles poursuivies par cette réforme.
Pendant ce temps, la majorité présidentielle maintient sa position et soutient que la loi adoptée ne remet nullement en cause les fondements de la Constitution. Selon ses défenseurs, elle vise uniquement à combler un vide juridique en définissant les modalités d’organisation des référendums prévus par la loi fondamentale.
Alors que le texte poursuit son parcours institutionnel avant une éventuelle promulgation, le débat reste ouvert. Les prochaines semaines pourraient être déterminantes dans l’évolution de ce dossier, devenu l’un des principaux sujets de discussion de la scène politique congolaise.
Par : Jethro LUBOYA

Journaliste de YOKA INFOS/Kisangani