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23 juin 2026
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Un échange entre l’ancien vice-Premier ministre José Makila et le secrétaire général de la CENCO, Mgr Donatien Nshole, a remis sur la table les débats autour de l’Accord de la Saint-Sylvestre de 2016 et du rôle des acteurs politiques congolais. Au cœur des discussions : la responsabilité de la classe politique dans le respect des engagements pris pour la consolidation de la démocratie en RDC.

Lors d’un échange public organisé dans le cadre d’un Space animé par le journaliste Stanis Bujakera, l’ancien ministre des Transports José Makila a interpellé Mgr Donatien Nshole sur le positionnement de l’Église catholique lors du dialogue politique de 2016 ayant conduit à l’Accord de la Saint-Sylvestre.

S’adressant au secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), José Makila a rappelé une mise en garde qu’il affirme avoir adressée aux évêques à l’époque, en présence de plusieurs acteurs politiques, dont l’actuel président de la République, Félix Tshisekedi.

« Chers évêques, nos pères spirituels, il ne faut pas suivre les politiciens que nous sommes parce que nous ne respectons jamais nos engagements », a-t-il déclaré en rappelant ses propos tenus lors des négociations de 2016.

L’ancien responsable politique a ensuite interrogé Mgr Nshole sur le regard qu’il porte aujourd’hui sur cette période, évoquant notamment les tensions récurrentes entre certains acteurs politiques et l’Église catholique. Une question qui a conduit à une réponse sans détour du prélat catholique.

Mgr Nshole a rejeté l’idée selon laquelle la CENCO aurait soutenu une personnalité ou un camp politique particulier. Selon lui, l’Église s’était avant tout engagée en faveur des principes démocratiques, du respect de la Constitution et de la stabilité du pays.

« Nous n’avons pas défendu des individus. Nous avons défendu des principes et des valeurs », a-t-il expliqué, estimant que plusieurs acteurs ayant autrefois adhéré à ces idéaux se sont progressivement éloignés de leurs engagements initiaux.

Dans sa réponse, le secrétaire général de la CENCO a également souligné ce qu’il considère comme une crise de leadership au sein de la sphère politique congolaise. « Ceux qui soutenaient ces valeurs hier font aujourd’hui parfois le contraire », a-t-il observé.

L’échange s’est conclu sur une réflexion plus large concernant l’avenir politique du pays. Pour Mgr Nshole, la RDC a besoin d’un renouvellement de ses élites dirigeantes afin de renforcer la confiance entre les citoyens et leurs représentants.

« Il faut une nouvelle classe politique », a-t-il lancé, une formule qui résume à elle seule les préoccupations exprimées au cours de cette discussion.

Cette séquence intervient dans un contexte marqué par de vifs débats autour de la gouvernance, des réformes institutionnelles et du respect des principes démocratiques en République démocratique du Congo. Dix ans après les discussions qui avaient conduit à l’Accord de la Saint-Sylvestre, les interrogations sur la capacité de la classe politique à honorer ses engagements continuent d’alimenter les échanges dans l’opinion publique.

Au-delà de la controverse, cet échange entre José Makila et Mgr Donatien Nshole met en lumière une préoccupation récurrente dans le débat national : la nécessité de renforcer la culture de responsabilité politique et de restaurer la confiance entre les institutions, les dirigeants et les citoyens.

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