

À l’occasion de la commémoration du quatrième anniversaire du GENOCOST, le directeur général du FONAREV, Patrick Fata Makunga, a appelé à préserver le caractère national et inclusif de cette journée dédiée à la mémoire des victimes des violences en RDC. Il a plaidé pour que la mémoire, la justice et la réparation restent au-dessus des divergences politiques et institutionnelles.
Patrick Fata s’est exprimé le 2 août 2026 au Mémorial du GENOCOST à Kinshasa, lors de la cérémonie organisée en présence du président de la République, Félix Tshisekedi, et de plusieurs responsables du pays. Dans son intervention, le directeur général du Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité a insisté sur la dimension collective de cette commémoration.
Pour lui, le GENOCOST ne doit être associé à aucune institution ou formation politique particulière.
« Le combat pour la mémoire n’appartient pas uniquement aux victimes. Le combat pour la justice n’appartient pas uniquement aux institutions », a-t-il déclaré, appelant à dépasser les clivages politiques et les divergences de circonstance.
Patrick Fata considère ainsi que les victimes des atrocités commises en République démocratique du Congo relèvent de la responsabilité de l’ensemble de la nation. Il estime que le GENOCOST doit rester un référentiel mémoriel commun à tous les Congolais, indépendamment de leurs appartenances politiques ou socioculturelles.
Au-delà de la commémoration, le responsable du FONAREV a appelé à transformer le souvenir des victimes en un engagement en faveur de la justice, de la paix et de la réconciliation.
Il a notamment insisté sur la nécessité de construire l’avenir à partir de la vérité plutôt que de l’oubli, et de privilégier la justice plutôt que la vengeance.
« Oui, le Congo se relèvera. Non pas par l’oubli, mais par la vérité. Non pas par la vengeance, mais par la justice », a-t-il affirmé dans son allocution.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du processus national de mémoire et de réparation en faveur des victimes des violences massives qui ont marqué la RDC au cours des dernières décennies.
Le 2 août a été consacré Journée nationale de commémoration des victimes des violences massives ayant endeuillé le pays depuis plus de trois décennies. Cette consécration découle de la loi du 26 décembre 2022 relative à la protection et à la réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits ainsi que des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité.
La même loi a notamment institué la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR) et le FONAREV, deux structures appelées à jouer un rôle dans la politique nationale de mémoire, de réparation et de justice transitionnelle.
Pour Patrick Fata, l’enjeu dépasse donc une simple cérémonie annuelle. Il s’agit de maintenir la mémoire des victimes au cœur de l’action collective et de faire de cette mémoire un levier pour éviter que les violences du passé ne se reproduisent.
La commémoration du GENOCOST apparaît ainsi comme un rendez-vous destiné à rassembler les Congolais autour d’une histoire douloureuse commune, au-delà des appartenances politiques et institutionnelles.

Rédaction centrale – YOKA INFOS
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