
Une controverse a éclaté au sein de l’Union sacrée de la Nation (USN) après l’annonce d’une réunion attribuée à Christophe Mboso. Le secrétaire permanent de la plateforme présidentielle, André Mbata, a rapidement pris ses distances avec cette initiative, révélant au grand jour des divergences sur le fonctionnement interne de la majorité au pouvoir.
Une nouvelle polémique secoue la famille politique du président Félix Tshisekedi. À l’origine de cette agitation, une réunion présentée comme urgente et convoquée pour le mardi 23 juin à Kinshasa par Christophe Mboso N’Kodia Pwanga, ancien président de l’Assemblée nationale et actuel deuxième vice-président de cette institution.
Dans un communiqué largement relayé sur les réseaux sociaux, Christophe Mboso invitait les présidents des partis et regroupements politiques, ainsi que les députés nationaux et sénateurs membres de l’Union sacrée de la Nation, à prendre part à une rencontre prévue au Fleuve Congo Hôtel. L’ordre du jour devait être communiqué sur place.
Cependant, cette initiative n’a pas tardé à susciter une réaction de la direction officielle de la plateforme présidentielle. Quelques heures après la diffusion de l’invitation, le secrétaire permanent de l’USN, le professeur André Mbata Mangu, a publié une mise au point rejetant catégoriquement cette convocation.
Selon lui, la structure présentée comme « Coordination de l’Union sacrée de la Nation » ne figure dans aucun texte organique de la plateforme. Il a ainsi déclaré ne pas reconnaître « la tenue d’une réunion de l’Union sacrée de la Nation convoquée par une structure fantôme dénommée Coordination de l’Union sacrée de la Nation ».
André Mbata a également remis en question la qualité sous laquelle Christophe Mboso aurait agi pour convoquer cette rencontre. Pour le secrétaire permanent, les règles de fonctionnement de l’Union sacrée sont clairement établies et ne laissent aucune ambiguïté sur les compétences des différents organes.
« Seul le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en sa qualité de Haute Autorité politique de l’USN, est compétent pour convoquer les réunions du Présidium et de la Conférence des présidents, par l’entremise du secrétaire permanent », a-t-il rappelé.
Au-delà de la question protocolaire, cet épisode met en lumière des sensibilités qui semblent traverser la majorité présidentielle. Depuis plusieurs semaines, le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle alimente les discussions au sein de la classe politique congolaise et pousse plusieurs acteurs de l’Union sacrée à afficher publiquement leurs positions.
Cette situation intervient également dans un contexte où certains responsables de la majorité appellent à une plus grande mobilisation autour des initiatives portées par le chef de l’État. Récemment, le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, avait dénoncé ce qu’il considère comme le silence de certains cadres de la plateforme sur les grands enjeux politiques du moment.
Si aucune rupture n’est officiellement évoquée, l’échange à distance entre André Mbata et Christophe Mboso témoigne néanmoins de divergences sur la gouvernance interne de l’Union sacrée. Ces débats pourraient prendre davantage d’ampleur à mesure que les questions institutionnelles et constitutionnelles continuent de polariser la scène politique nationale.
Pour l’heure, les regards restent tournés vers les dirigeants de la majorité présidentielle, appelés à préserver la cohésion de leur coalition dans un contexte marqué par d’importants défis politiques, sécuritaires et sociaux. Les prochains jours permettront de mesurer l’impact réel de cette controverse sur la dynamique interne de l’Union sacrée de la Nation.
