
Vingt-quatre détenus se sont évadés dans la nuit du mercredi 17 au jeudi 18 juin 2026 de la prison centrale d’Idiofa, dans la province du Kwilu. Face à la répétition des évasions, la société civile locale appelle les autorités à construire une infrastructure carcérale adaptée et mieux sécurisée.
La prison centrale d’Idiofa a de nouveau été le théâtre d’une spectaculaire évasion. Au moins vingt-quatre détenus ont réussi à s’enfuir dans la nuit du mercredi 17 au jeudi 18 juin après avoir percé les tôles qui servent de murs à cette maison carcérale, selon plusieurs sources locales.
D’après les premières informations recueillies sur place, les détenus auraient d’abord neutralisé leur chef de pavillon avant de s’attaquer à la structure de la prison, dont l’état de délabrement est régulièrement dénoncé par les acteurs de la société civile. Au moment des faits, seuls deux policiers assuraient la garde de l’établissement. Ces derniers seraient introuvables depuis l’incident.
Cette nouvelle évasion suscite une vive inquiétude au sein de la population locale. Le coordonnateur de la Nouvelle Société civile congolaise à Idiofa, Arsène Kaniama, affirme que plusieurs fugitifs étaient poursuivis pour des faits graves, notamment des violences sexuelles.
« C’est la quatrième évasion depuis le début de l’année. La prison est construite à base de tôles. Ceux qui ont fui sont très dangereux, il y a notamment des détenus poursuivis pour viol. C’est un danger pour la population d’Idiofa », a-t-il alerté.
Pour cet acteur de la société civile, la récurrence des évasions met en évidence les limites d’une infrastructure qui ne répond plus aux exigences minimales de sécurité. Il appelle le gouvernement à investir dans la construction d’une prison moderne afin de prévenir de nouveaux incidents.
Cette évasion intervient à peine un mois après celle enregistrée le 15 mai dernier dans le même établissement. Dix-neuf détenus avaient alors réussi à prendre la fuite après avoir détruit une partie des installations. Cet épisode avait déjà relancé les préoccupations liées à la vétusté des infrastructures pénitentiaires dans cette partie du pays.
Au-delà des questions sécuritaires, cette situation met également en lumière les difficultés auxquelles font face plusieurs prisons de la République démocratique du Congo. Surpopulation carcérale, manque de moyens, infrastructures délabrées et insuffisance du personnel de surveillance figurent parmi les principaux défis régulièrement évoqués par les autorités et les organisations de défense des droits humains.
Alors que les recherches se poursuivent pour retrouver les évadés, la population d’Idiofa attend désormais des mesures concrètes pour renforcer la sécurité de la prison et éviter que de tels incidents ne continuent à se répéter. Pour de nombreux observateurs, la modernisation des infrastructures carcérales apparaît aujourd’hui comme une urgence afin de garantir à la fois la sécurité des citoyens et le bon fonctionnement de la justice.
