
La ville de Kisangani compte désormais une nouvelle infrastructure sanitaire avec l’inauguration, ce samedi 18 juillet 2026, du Tshopo Medical Center, implanté dans la commune de la Tshopo. Doté d’un plateau technique moderne, d’une capacité de 33 lits et de plusieurs services spécialisés, cet établissement ambitionne de renforcer durablement l’offre des soins de santé dans la province de la Tshopo tout en rapprochant des prestations médicales de qualité de la population.
La cérémonie d’inauguration s’est déroulée au n°6 de la 12ᵉ avenue, quartier Lubumbashi, en présence de plusieurs autorités politico-administratives, sanitaires et coutumières. Elle a été présidée par le vice-gouverneur de la province de la Tshopo, Didier Lomoyo, assurant l’intérim du gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga, actuellement en déplacement.
Parmi les personnalités présentes figuraient notamment le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Dr Mateus Kanga Londimo, initiateur du projet, des députés nationaux et provinciaux, des membres du gouvernement provincial, le maire de Kisangani, le chef de division provinciale de la Santé, des représentants des confessions religieuses, de la société civile ainsi qu’une foule de curieux venus découvrir cette nouvelle structure médicale.
Dans son mot de bienvenue, le médecin-directeur du Tshopo Medical Center, Dr Trésor Kasolwa, a présenté cette infrastructure comme bien plus qu’un simple établissement hospitalier.
« Cette inauguration représente bien plus que l’ouverture d’un établissement de santé. Elle symbolise l’espoir, le progrès et l’engagement à offrir à la population de Kisangani des soins de qualité, accessibles et conformes aux standards modernes. Là où les armes ont semé la peur et la désolation pendant la guerre des Six Jours, nous voulons désormais faire entendre la voix de la médecine, de la compassion et de la solidarité », a-t-il déclaré.
Pour lui, le choix d’implanter cet hôpital dans cette partie de la commune de la Tshopo n’est pas anodin. Le site, marqué par les affrontements de la guerre des Six Jours de juin 2000, se veut aujourd’hui un symbole de renaissance où la médecine remplace les stigmates du conflit et redonne espoir aux populations.
Le responsable médical a indiqué que le Tshopo Medical Center dispose d’une capacité de 33 lits et fonctionne avec un effectif de 36 agents, composé de six médecins généralistes, de quatre médecins spécialistes en pédiatrie, chirurgie, gynécologie-obstétrique et médecine interne, de vingt-cinq paramédicaux ainsi que d’un nutritionniste.
Dès son ouverture, l’hôpital offre plusieurs services spécialisés, notamment la médecine interne, la pédiatrie, la gynécologie-obstétrique, la chirurgie, les urgences et soins intensifs, l’imagerie médicale ainsi qu’un laboratoire moderne. À moyen terme, la direction prévoit d’élargir son offre avec l’ouverture des services de radiographie, de dentisterie, d’ophtalmologie, de dialyse et d’endoscopie.
Prenant ensuite la parole, la coordonnatrice nationale du Club Kanga pour le Développement Intégral (CKDI), Gisèle Banyanga Bolondo, est revenue sur la vision sociale qui sous-tend cette réalisation. Elle a rappelé que l’organisation mène plusieurs actions de développement dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’entrepreneuriat, de l’accès à l’eau potable et de l’accompagnement des personnes vulnérables.
Elle a surtout tenu à lever toute ambiguïté sur le statut de la nouvelle infrastructure.
« Le Tshopo Medical Center n’est pas une propriété privée de l’honorable Dr Mateus Kanga Londimo. Après sa construction, il a choisi de céder totalement cette infrastructure au Club Kanga pour le Développement Intégral afin qu’elle soit mise au service de tous les Tshopolais et, au-delà, de toute la population congolaise. Cet hôpital appartient désormais à la communauté et constitue un patrimoine destiné à améliorer durablement l’accès aux soins de santé », a-t-elle expliqué.
Intervenant au nom du gouvernement provincial, le vice-gouverneur Didier Lomoyo, assurant l’intérim du gouverneur de province, a salué une initiative qu’il considère comme une réponse concrète aux besoins croissants de la population en matière de soins de santé.
Dans son allocution, il a rendu hommage au président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour sa vision en faveur du retour de la paix et de la couverture santé universelle, avant de féliciter le président de l’Assemblée provinciale, Dr Mateus Kanga Londimo, pour cet investissement qu’il a qualifié d’acte de patriotisme, de solidarité et d’engagement en faveur du développement humain.
S’appuyant sur la célèbre maxime du philosophe allemand Arthur Schopenhauer selon laquelle « la santé n’est pas tout, mais sans la santé tout n’est rien », Didier Lomoyo a souligné que cette nouvelle infrastructure constitue une réponse concrète aux attentes de la population en offrant un cadre moderne, des équipements adaptés et des services appelés à améliorer la prise en charge médicale dans la province.
Le vice-gouverneur a également encouragé les initiatives privées qui accompagnent les efforts de l’État dans le renforcement du système de santé.
« La collaboration entre les pouvoirs publics et le secteur privé demeure un levier essentiel pour renforcer notre système de santé et garantir un accès équitable à des soins de qualité », a-t-il affirmé, avant d’inviter les responsables et le personnel de l’établissement à faire preuve de rigueur, d’intégrité et de dévouement afin de faire du Tshopo Medical Center un modèle d’excellence, de professionnalisme et d’humanisme.
Au-delà de son architecture moderne et de ses équipements, le Tshopo Medical Center se présente comme un investissement destiné à répondre aux défis sanitaires d’une province confrontée à une demande croissante en soins spécialisés. Pour ses promoteurs comme pour les autorités provinciales, l’enjeu est désormais de faire de cette infrastructure une référence médicale capable d’offrir des soins accessibles, de qualité et durables au bénéfice de la population de Kisangani et de l’ensemble de la province de la Tshopo.

Juriste | Journaliste | Entrepreneur | Fondateur de YOKA INFOS