4 août 2026
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La commémoration du Génocost a également donné la parole à ceux qui ont vécu les conflits armés ayant marqué la République démocratique du Congo. Au rond-point du Canon, à Kisangani, Henri Kasongo a livré un témoignage poignant sur la guerre des Six Jours, replongeant l’assistance dans les heures les plus sombres de juin 2000.

Les discours officiels ont laissé place à l’émotion lorsque Henri Kasongo s’est avancé pour partager son histoire. Devant les autorités provinciales, les membres de la société civile, les jeunes et les habitants venus participer à la commémoration du Génocost, il a raconté les événements qui ont bouleversé son enfance lors de la guerre des Six Jours, affrontement meurtrier entre les armées rwandaise et ougandaise sur le sol congolais.

À l’époque, Henri Kasongo était élève en sixième année primaire à l’école Ndolenge, dans la commune Tshopo. Sa famille habitait la 16ᵉ avenue Bis, à quelques mètres seulement de son établissement scolaire.

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Le matin du 5 juin 2000, rien ne laissait présager l’ampleur du drame qui allait suivre. Pourtant, un détail demeure gravé dans sa mémoire.

« Avant de partir à l’école, ma petite sœur m’a dit qu’elle avait fait un mauvais rêve. Elle se voyait courir. Ce jour-là, elle avait décidé d’aller à l’école en babouches », se souvient-il.

Quelques heures plus tard, alors que les élèves étaient encore en classe, la guerre éclate.

« Il était environ 9h45 lorsque nous avons entendu la première bombe. Nos enseignants ont immédiatement interrompu les cours et nous ont demandé de rentrer chez nous. Grâce à leur sang-froid, nous avons pu quitter l’école avant que la situation ne s’aggrave », raconte Henri Kasongo.

Une fois de retour à la maison, l’inquiétude grandit au fil des bombardements. De nombreux habitants quittent le quartier pour traverser la rivière Tshopo et chercher refuge, mais son père refuse de partir.

« Les Ougandais conseillaient aux habitants de traverser la rivière parce que la guerre devenait très dangereuse. Mon père pensait que cela allait durer un ou deux jours. Il disait : « S’il faut mourir, nous mourrons tous ici. » »

Les jours suivants, les combats gagnent en intensité. Dans leur avenue, seules quelques familles restent encore sur place.

Henri Kasongo se rappelle également de l’arrivée de soldats rwandais à leur domicile.

« Ils sont venus demander du feu à notre mère pour se réchauffer. Pendant qu’ils discutaient avec elle, mon père, mes frères et moi étions cachés. À cette époque, les hommes et les jeunes garçons risquaient d’être enrôlés de force s’ils étaient découverts », témoigne-t-il.

Vingt-six ans après les faits, le survivant affirme que ces souvenirs restent profondément ancrés dans sa mémoire. Son témoignage a suscité une vive émotion parmi les participants, rappelant que derrière les statistiques des conflits se cachent des vies brisées, des familles traumatisées et des enfants marqués à jamais par la guerre.

Après cette séquence de recueillement, la cérémonie s’est poursuivie par l’allumage symbolique des bougies au rond-point du Canon. Guidés par les autorités provinciales, les jeunes et les membres de la société civile ont ensuite marché jusqu’à l’Esplanade des Martyrs de Kisangani, où les bougies ont été déposées en mémoire des millions de victimes des conflits ayant frappé la République démocratique du Congo.

À travers son récit, Henri Kasongo a rappelé que le Génocost ne représente pas seulement une page de l’histoire nationale. Il est aussi une mémoire vivante portée par les survivants, dont les témoignages contribuent à transmettre la vérité aux nouvelles générations et à renforcer les appels en faveur de la justice, de la paix et de la non-répétition des atrocités.

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