26 juillet 2026
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Les violences armées dans l’est de la République démocratique du Congo continuent d’avoir de lourdes conséquences sur le système de santé et les populations civiles. Dans son rapport 2025 présenté à Kinshasa, Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur la recrudescence des attaques contre les structures sanitaires, le personnel médical et les patients, appelant au respect du droit international humanitaire.

Selon l’organisation humanitaire, les établissements de santé situés dans les provinces affectées par le conflit restent régulièrement exposés aux combats, compromettant gravement l’accès aux soins pour des milliers de personnes. Les incidents documentés concernent notamment les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les affrontements entre groupes armés et forces en présence continuent de perturber les activités médicales.

Le rapport indique qu’au cours de l’année 2025, trois employés de MSF ont perdu la vie au Nord-Kivu. L’un d’eux a succombé après avoir été atteint par une balle perdue, tandis qu’un autre a été tué à son domicile par un homme armé. Plusieurs autres membres du personnel ont également été blessés dans l’exercice de leurs fonctions.

Les structures de santé soutenues par MSF n’ont pas été épargnées. L’organisation rapporte que, durant les premiers mois de 2025, des civils ont été tués ou blessés devant l’hôpital général de Masisi lors de violents affrontements pour le contrôle de la ville. En octobre, deux centres de santé appuyés par MSF dans les territoires de Masisi et de Rutshuru ont été touchés par des balles perdues au cours de la même semaine.

D’autres incidents ont été enregistrés dans plusieurs localités de l’Est du pays. À Goma, des violences survenues à l’hôpital de Kyeshero ont causé la mort d’une personne et fait plusieurs blessés. À Walikale, des infrastructures et des véhicules de MSF ont été endommagés, tandis qu’à Uvira, des tirs ont été signalés à l’intérieur d’un hôpital. L’organisation évoque également des ambulances empêchées de circuler, des installations cambriolées et des échanges de tirs à proximité immédiate des centres de santé.

Pour MSF, cette insécurité chronique accentue les difficultés d’un système sanitaire déjà fragilisé par plusieurs décennies de conflits et un déficit d’investissements.

« L’ampleur des violences dans l’est de la RDC continue d’affaiblir un système de santé déjà fragilisé par des années d’insécurité et de sous-investissement », a déclaré Emmanuel Lampaert, représentant de MSF en RDC en 2025.

Le responsable humanitaire souligne que les conséquences dépassent largement le cadre médical.

« C’est une tragédie pour des communautés entières qui sont constamment sur les routes, sans accès aux services de santé, à la nourriture ou à l’eau », a-t-il ajouté.

Le rapport révèle par ailleurs que de nombreux professionnels de santé ont été contraints de quitter les zones les plus exposées aux violences. Dans plusieurs territoires, les équipes médicales peinent à rejoindre les populations, tandis que les patients renoncent parfois aux soins en raison de l’insécurité persistante.

Cette situation intervient alors que les initiatives diplomatiques engagées pour ramener la paix dans l’est du pays, notamment à travers les Accords de Washington et le processus de Doha, peinent encore à produire des effets visibles sur le terrain. Malgré ces efforts, les violences continuent d’affecter les civils et les services essentiels.

Face à cette réalité, Médecins Sans Frontières appelle l’ensemble des parties au conflit à respecter le droit international humanitaire, à garantir la protection des structures sanitaires ainsi que du personnel médical, et à assurer un accès sûr et continu aux soins pour les populations civiles. Pour l’organisation, préserver les hôpitaux de la violence demeure une condition indispensable afin d’éviter une aggravation de la crise humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo.

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