9 septembre 2026
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Alors que la communication communautaire constitue un volet important de la riposte contre Ebola en Tshopo, les personnes sourdes de Kisangani alertent sur les difficultés qu’elles rencontrent pour accéder aux messages de prévention. Elles plaident pour une meilleure adaptation des informations sanitaires, notamment à travers le recours régulier à la langue des signes.

Pour répondre à cette préoccupation, le Réseau national des interprètes et communicateurs gestuels, avec l’appui de la Croix-Rouge, a organisé dimanche 6 septembre 2026 à Kisangani une séance de sensibilisation destinée aux personnes sourdes.

Les échanges ont porté notamment sur les mesures de prévention contre Ebola, les comportements à adopter en cas d’apparition de symptômes et les moyens de réduire les risques de contamination. Une attention particulière a également été accordée aux rumeurs qui circulent autour de la maladie.

Pour Gilbert Kazingufu, superviseur provincial du Réseau national des interprètes et communicateurs gestuels de la Tshopo, l’accès à l’information sanitaire doit être garanti à cette catégorie de la population.

« Nous constatons que les personnes sourdes ne bénéficient pas toujours des informations nécessaires sur la maladie à virus Ebola. Pourtant, elles ont les mêmes droits que les autres membres de la communauté à être informées et à connaître les mesures de prévention », a-t-il déclaré.

Il appelle ainsi les acteurs de la riposte à renforcer l’adaptation de leurs messages.

« Nous plaidons donc pour que les messages de la riposte soient systématiquement adaptés à la langue des signes afin que personne ne soit laissé de côté », a ajouté Gilbert Kazingufu.

Cette préoccupation est également relevée par Okitakondo Augustin, enseignant à l’École Centre Espoir des Sourds. Selon lui, les personnes vivant avec un handicap auditif ont longtemps été insuffisamment sensibilisées sur les risques liés à Ebola.

De son côté, le docteur Leblanc, chef de base de la réponse contre Ebola et volontaire de la Croix-Rouge, a insisté sur la nécessité de disposer d’informations fiables pour faire face à l’épidémie.

« Face à une épidémie comme Ebola, l’information correcte est une arme importante pour protéger la communauté », a-t-il expliqué, mettant en garde contre les rumeurs susceptibles d’alimenter la peur et la méfiance.

Les participants ont notamment été sensibilisés sur les mesures barrières et la conduite à tenir face aux symptômes. Les échanges ont aussi abordé les fausses informations qui constituent un défi pour les équipes de riposte, particulièrement dans certaines zones touchées par l’épidémie, dont le territoire de Bafwasende.

Pour les acteurs de cette initiative, une communication accessible aux différentes catégories de la population reste essentielle à l’efficacité de la riposte. Les personnes sourdes demandent ainsi que la langue des signes soit davantage intégrée aux activités de sensibilisation afin de pouvoir accéder aux mêmes informations sanitaires que le reste de la communauté.

Source : YOKA INFOS

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